Décès du pape Jean-Paul II : Réactions

Mgr Blondel et Jean-Paul II (Fev 2004)

Communiqué de Mgr François BLONDEL, évêque de VIVIERS

Dès son élection en octobre 1978, Jean-Paul II a été habité d’une conviction : l’humanité est à un tournant, celui du troisième millénaire, la foi en Jésus Christ est une lumière formidable pour éclairer ce moment de l’histoire.

Tous ses actes, toutes ses paroles s’expliquent par la certitude que le Christ est la lumière du monde.

Jean-Paul II était un homme de foi, un croyant, d’un bloc, solide. Il est la pierre sur laquelle Dieu pouvait bâtir son Église, dans cette période tourmentée et passionnante de l’histoire, pierre parfois un peu rugueuse mais sur laquelle nous avons pu nous appuyer.

Il suffit de l’avoir vu prier longuement pour percevoir qu’il s’en remettait d’abord à Dieu.
Il a été à la fois un homme de prière intense, et un voyageur, un prophète au service de la paix et de la justice.

Fier de sa foi, il a su exprimer humblement la repentance de l’Église pour ses erreurs et ses fautes. Sa foi a été une constante ouverture au dialogue. Il a inventé l’esprit d’Assise à un moment décisif pour la rencontre avec le judaïsme et l’islam.

Pour lui la foi chrétienne n’est pas une histoire du passé. Elle est largement ouverte sur l’avenir, dans l’espérance : ce sont les JMJ , c’est la famille et c’est aussi le fameux « n’ayez pas peur », première parole de son pontificat, que nous avons toujours à entendre.

Je suis convaincu que non seulement les catholiques mais le monde entier doivent beaucoup à Jean-Paul II ; Nous n’avons pas fini de découvrir la fécondité de son œuvre pour l’homme. Nous lui devons beaucoup de reconnaissance.

Au moment où cet homme de foi achève sa course sur terre, c’est un peu grâce à lui que nous pouvons redire notre propre foi : « Je crois à la vie éternelle, j’attends la Résurrection des morts et la vie du monde à venir. »

Mgr François Blondel
évêque de Viviers

Message de Mgr Jean-Pierre Ricard, président de la Conférence des évêques de France

Jean-Paul II vient de mourir.

Pèlerin de l’espérance, il est arrivé au terme de sa course.

Ses souffrances, sa force dans la maladie, sa mort sont comme un dernier signe du sens qu’il a voulu donner à son existence : une union avec le Christ, un amour de la vie, une foi totale en la Résurrection.

Sa mort nous bouleverse et nous pleurons un père. Mais au coeur de notre peine nous l’entendons encore nous dire "’ayez pas peur" et nous inviter à faire disparaître tout ce qui blesse et entrave la vie.

Géant de l’histoire, il a lutté de toutes ses forces contre ce qui blesse et entrave la vie dans le domaine politique. Affronté aux deux grands totalitarismes du XXe siècle, il a combattu le nazisme et largement contribué à la chute de l’empire soviétique. Mais il a aussi combattu tout ce qui, dans le libéralisme, pouvait conduire à une civilisation de mort : il fut le pape des droits de l’homme. C’est pourquoi il fut aussi le défenseur de la vie, de sa conception jusqu’à son terme.

Géant de l’Église, il a lutté de toutes ses forces contre ce qui blesse et entrave la vie spirituelle et l’esprit de communion. Il a mis en oeuvre les orientations du concile Vatican II avec détermination.

Pape du dialogue oecuménique, du dialogue inter-religieux, de la purification de la mémoire, il a su donner, en particulier par ses voyages, à chaque Église particulière une fierté nouvelle et le dynamisme nécessaire à la "nouvelle évangélisation"

Géant de la foi, il a lutté de toutes ses forces contre ce qui blesse et entrave la vie de relation avec Dieu, et ce fut le sens du Jubilé. A temps et à contre temps, il a affirmé que le Christ est le chemin qui mène au bonheur en conduisant au Père dans l’Esprit, mais aussi en conduisant à l’homme.

Respectueux des consciences, ce fut un pape ne transigeant pas sur la vérité et exigeant dans sa confiance : il a refusé que l’homme se laisse aller à sa médiocrité et sans cesse a appelé à la conversion, à l’intelligence, à l’engagement, à la fidélité.

Jean-Paul II a porté une attention particulière à notre pays qu’il a visité huit fois, mettant à profit chaque étape de ce pèlerinage en France pour faire mémoire de notre histoire spirituelle, en appeler à nos valeurs et nous renouveler dans la foi.

Nous avons vécu ensemble des moments forts dont les images évoquent une sorte de coeur à coeur avec lui : le pape avec les malades à Lourdes après son attentat, le pape à Ars auprès des prêtres, le pape à Saint-Laurent-sur-Sèvres évoquant le souvenir de Louis-Marie Grignon de Montfort dont l’amour pour la Vierge Marie l’a tellement marqué, le pape à La Réunion au milieu de nos compatriotes des Iles, le pape à Sainte-Anne d’Auray auprès des blessés de la vie, le pape au milieu des jeunes du Parc des Princes à Longchamp, le pape à la grotte de Massabielle le 15 août dernier.

Dans les heures et les jours qui viennent, des temps de prière seront proposés dans toutes les églises de France.

Mais, dans un geste d’affection, j’invite à ce que, d’ici aux funérailles, des cierges et des veilleuses soient allumés, non seulement dans les églises, mais partout où cela semblera possible.

Que ces flammes soient autant de signes de notre prière et de notre reconnaissance à celui qui, jusqu’au bout, a voulu nous inviter à la confiance et à témoigner de l’espérance

Mgr Jean-Pierre Ricard
archevêque de Bordeaux
président de la Conférence des évêques de France