Billet de Mgr François BLONDEL Billet RCF du 4 mai 2015

J’ai fait la liste des personnages importants du 1er mai. En tête, indiscutable, le couple monsieur week-end avec cette année monsieur pont, et madame la météo, si souvent consultée et cette année capricieuse même chez nous. Un peu plus loin derrière, mesdames et messieurs les défilés et puis le muguet, un peu rare mais toujours sympathique.

Et j’ai remarqué un oublié, Saint Joseph, car le 1er mai c’est la fête de Saint Joseph travailleur, Saint Joseph le charpentier de Nazareth, dans l’atelier duquel Jésus a appris à travailler, Saint Joseph le gardien de la Sainte Famille par son travail. C’est vrai qu’il a l’habitude de rester au deuxième rang, un peu effacé, mais quand même !

Il nous a permis, si nous l’avons évoqué, de penser à d’autres oubliés du 1er mai, ceux et celles qui sont frappés par le chômage. J’ai bien dit frappés, j’en reçois le témoignage à chaque rencontre, à chaque réunion. Le choc de perdre un emploi vécu avec fidélité et compétence pendant des années, la barrière infranchissable pour trouver un premier emploi attendu, même après de bonnes études, le sentiment d’échec, d’injustice, la tentation de repli sur soi, « je ne vaux rien », le choc sur la famille ; parfois et souvent le soupçon de la part de ceux qui ont la chance d’avoir du travail.

Dans la crise de notre société, dans sa manière d’être et de vivre, qu’elle ne veut pas changer, les chômeurs sont les premières victimes, c’est probablement pour cela que nous n’aimons pas les voir, que nous aimerions les oublier. Ils sont révélateurs de changements à opérer dont personne ne veut, ils sont révélateurs de valeurs à conserver, la première étant la solidarité du corps social dont il est juste de bénéficier quand on vit ces périodes lourdes. Et puis des mots tout simples, le travail bien fait, le respect des travailleurs, le partage, le salaire gagné, la satisfaction du bel ouvrage, l’argent qui ne doit pas être roi. Ces mots qui comme Saint Joseph, paraissent parfois un peu démodés et pourtant ils sont essentiels.

F.B.