Homélie du P Michel Martin - nuit de Noël 2010 NOEL 2010 à Notre Dame de Bon Secours - Paroisse Sainte Thérèse des Cévennes

Cette nuit, je vous invite à explorer une niche écologique qui semble parfois menacée par l’échauffement médiatique.

Pour cela, je n’emploierai pas le langage de la théologie, mais le langage nouveau d’une branche de l’écologie qu’on appelle écospiritualité ou biospiritualité.

Nous avons la chance de pouvoir encore explorer ce biotope terrestre avant qu’il ne disparaisse par neutralisme, indifférence ou mépris. C’est ce que les scientifiques appellent une « crèche », qui appartient à la famille des « niches écologiques humaines ».

Une niche écologique, c’est un milieu spécifique et un environnement favorable où vivent et se développent des êtres vivants, et dont on peut analyser les rapports qu’ils ont entre eux.

Une « niche écologique humaine », c’est lorsque ces êtres vivants ne se contentent pas de se nourrir et de se reproduire, mais sont mus par deux modes d’énergies renouvelables que l’on appelle en termes savants, la raison et la foi. La raison et la foi sont deux vertus, ou forces, que l’on constate dans ce type de niche et qui caractérisent les êtres vivants qui s’y trouvent.

Au centre, on trouve d’abord un nouveau-né. Les études antérieures ont démontré qu’un nouveau-né est le résultat biospirituel de la convergence entre la raison et la foi.
De même que pour faire de l’eau il faut de l’oxygène et de l’hydrogène, eh bien pour faire un nouveau-né, il faut que se confrontent la raison et la foi.
Le nouveau-né est le fruit de ce qu’on appelle en termes savants la renaissance, c’est-à-dire la victoire biospirituelle de la vie sur les forces de mort.
Ce nouveau-né est donc l’élément central et fédérateur de cet écosystème très particulier.
Lors de la découverte au Moyen Orient de la première niche écologique semblable à celle-ci, ce nouveau-né a reçu le nom de « Iéshoua », mot hébreu qui signifie « Dieu sauve ».

Près du nouveau-né, nous avons une femme, et plus précisément une vierge, dont les entrailles de la raison ont d’abord tressailli, avant d’être apaisées par la foi. C’est ce qui a provoqué sa fécondité. Dans ce contexte, elle est nommée « la mère » du nouveau-né ou « Miriâm ».

Il y a en troisième lieu un homme, dont la raison a également été profondément troublée, puis rassurée par la foi. C’est ce qui l’a amené à accepter de ne pas être le maître de la naissance mais seulement le serviteur de la vie. C’est une raison suffisante pour qu’on parle de lui comme « le père » du nouveau-né et on lui a donné nom sémitique de « Iosseph bèn David ».

En sociologie, science de même envergure que l’écologie, ces trois êtres vivants, lorsqu’ils sont réunis, sont qualifiés du terme de « famille ». En effet, selon les savants, une famille est composée d’un certain nombre d’éléments nécessaires et favorables à l’apparition et au développement de la vie.

Quant au qualificatif de « sainte famille », qui a été donné plus tard par certains chercheurs, il signifie que cette famille pourrait constituer un prototype des familles qui se composent dans d’autres écosystèmes, sous réserves que les conditions socio climatiques et biospirituelles soient favorables.

Nous trouvons ensuite des personnages de la famille des vertébrés doués de raison et de foi qu’on appelle « les pauvres », c’est-à-dire qui n’ont pas toutes les ressources pour un développement durable.
Ici, ce sont plus précisément des « bergers », typiques des situations de pauvreté, d’exclusion et de rejet par les organismes puissants. Ces bergers vivent habituellement dans des zones retirées, à l’écart des sociétés, et ils sont souvent qualifiés de « marginaux ».

Ce qui est nouveau ici, c’est que ces marginaux se sont approchés du milieu écologique que nous sommes en train d’étudier, et on a constaté que là, leur potentiel vital se développe mieux que dans l’exclusion.
Il se produit en eux ce que l’on appelle une mutation biospirituelle, qui a pour conséquence qu’ils deviennent plus humains.

On a cherché comment se produisait cette mutation. Et il est apparu qu’ils ont été attirés par des énergies environnantes, que l’on maîtrise encore assez mal, et qui proviendraient d’êtres insaisissables que, faute de mieux, la biospiritualité appelle des « anges ».

Grâce à cette découverte, on parvient à identifier en quoi cette niche écologique est unique. Selon les chercheurs qui se penchent sur la crèche depuis vingt siècles, les êtres vivants qui l’occupent porteraient dans leur structure naturelle quelque chose de « surnaturel », c’est-à-dire qu’il y aurait en eux une conscience du mystère de la vie et de son origine. Certains vont jusqu’à y reconnaître la « grâce » ou « l’esprit de Dieu ». Cet avis n’est pas partagé par tous les chercheurs, sous prétexte que c’est invisible au scanner. Nous n’avons pas le temps d’entrer dans ce débat, mais convenez malgré tout que c’est une découverte exceptionnelle qui enrichit considérablement la connaissance limitée que nous avions jusqu’ici de l’écosystème humain.

Dans cette « crèche », on trouve également un autre type d’êtres vivants, très différents des précédents, parce qu’ils ne semblent pas dotés d’une âme, alors qu’ils sont pourtant appelés « animaux ». En ce qui les concerne, il y a encore beaucoup d’inconnus, mais on sait avec certitude que le bœuf rumine et que son haleine réchauffe le nouveau-né, ce qui contribue à sa croissance et à l’équilibre climatique de la niche.
Le bœuf est très différent des êtres humains qui en principe ne sont pas des bœufs, sauf… s’il se produit en eux une trop forte dégradation biospirituelle.
Quand à l’âne, il porte les fardeaux des hommes d’où son nom de bête de somme, mais, à cause de ses grandes oreilles, il appartient aux espèces méprisées.
Il y a aussi l’agneau qui contribue à la nourriture et au vêtement des êtres vivants. Pour cela, il doit être sacrifié, et à cette étape de son processus d’évolution on parle d’ « agneau pascal ».

Il reste une espèce qui n’est pas résidante dans la niche mais qui s’y introduit, un peu comme les bergers, par mutation biospirituelle. Dans les deux cas on parle de « corps étrangers positifs », parce qu’au lieu de perturber l’équilibre écologique, au contraire ils l’enrichissent. A la différence des bergers, ils ne sont pas de la famille des pauvres mais des riches, pas des riches repus et satisfaits mais des riches qui cherchent la voie. Ce sont des migrants qui viennent de l’Est et suivent la lumière d’une étoile. Les astrobiologues ont en effet constaté que les astres jouent un rôle déterminant dans leur mutation au point de provoquer leur migration vers cette niche unique. Comme pour les bergers, leur structure propre est bouleversée par leur mutation, et toujours de manière positive. Dans le même temps la qualité du climat biospirituel de la niche est considérablement améliorée par les richesses de leurs différences. Ce sont des étrangers mais on les appelle plus facilement « mages » ou « rois mages » ou encore sages d’Orient parce que ce sont eux qui confèrent à cette niche particulière sa place indispensable dans l’univers du vivant.

Nous avons donc affaire à un biotope exceptionnel qui est une composante essentielle de la biodiversité humaine. Il a ceci d’unique qu’il produit pour lui et pour les biotopes alentour non seulement une énergie humaine renouvelable, mais également une énergie biospirituelle inépuisable. Les savants disent que cette convergence est facteur de paix, « la paix » étant le nom technique pour désigner les conditions idéales de survie des êtres vivants.

Maintenant que vous connaissez mieux cette niche écologique menacée, vous devez comprendre qu’il faut à tout prix la faire connaître pour la préserver, si l’on désire que l’univers vivant bénéficie encore longtemps de sa lumière et ne s’enfonce pas dans les ténèbres.

Père Michel Martin