Le ministère des prêtres et l’avenir de nos communautés Retour sur la première journée des 5 pastorales

La première journée proposée par notre évêque pour poursuivre la réflexion initiée par sa lettre pastorale « Avance au large ! » s’est tenue le vendredi 11 janvier. La Pastorale des Premiers Disciples, telle que l’a appelée Mgr Jean-Louis Balsa était évêque de Viviers, donc la première à se réunir pour un dialogue avec lui. Cet échange venait poursuivre la réflexion sur le passage d’évangile de l’appel des premiers disciples proposée par l’évêque de Viviers dans sa lettre, réflexion qui abordait le ministère des prêtres.Le bureau du conseil presbytéral avait invité à cette occasion tous les prêtres du diocèse à se retrouver à Viviers pour cet échange.

Durant la journée, Mgr Balsa a d’abord fait une intervention sur Presbyterorum Ordinis, le décret sur le ministère et la vie des prêtres du concile Vatican II. S’appuyant principalement sur les premiers chapitres, notre évêque a rappelé ainsi que le ministère du prêtre était avant tout de permettre à l’Eglise d’être Peuple de Dieu, Corps du Christ et Temple de l’Esprit. Le peuple de Dieu est ainsi appelé à un sacerdoce saint et royal et le ministère presbytéral est là pour signifier ce sacerdoce du peuple, dans le sens de « faire signe ». Les prêtres sont pris du milieu des hommes et en faveur des hommes. Ils vivent avec les hommes comme des frères, à l’image du Christ ou de ses Apôtres. Ils ne sont pas séparés, mais consacrés à l’œuvre de Dieu. Leur ministère se décline en trois dimensions : le ministère de la Parole de Dieu, le ministère des sacrements et de l’Eucharistie, être chef du peuple de Dieu. Le mot « chef » vient du latin caput qui veut dire « tête ». A l’image du Christ, tête de son corps qui est l’Eglise, les prêtres sont la tête de leur communauté avant tout pour discerner les charismes de ces membres. Ces trois dimensions que l’on peut synthétiser en enseigner, sanctifier et gouverner, sont avant tout au service du Salut des hommes. Mgr Jean-Louis Balsa a ensuite développé les différents types de relations qu’un prêtre doit avoir : une communion hiérarchique et fraternelle avec son évêque, une fraternité sacramentelle avec les autres prêtres dans un même presbyterium, une vie fraternelle avec les laïcs. Le prêtre doit reconnaitre et promouvoir la dignité des laïcs, respecter leur liberté, écouter leurs conseils, reconnaître leur expérience et leur compétence. Notre évêque a conclu cette présentation en rappelant que certains laïcs ont reçu un charisme par leur baptême pour être associé au ministère des prêtres. Il a également insisté sur la responsabilité des prêtres vis-à-vis de ceux qui n’ont pas reconnu le Christ ou qui ont abandonné la pratique des sacrements.

A l’issue de cette intervention, les participants ont pu échanger en petits groupes à partir de ce qu’ils avaient entendu. Ceux-ci ont ainsi pointé la difficulté à ne pas être enfermé dans un fonctionnement, à traduire la communion avec tous et annoncer le Salut à ceux qui sont éloignés. Ils ont souligné l’importance de la fraternité entre prêtres et avec leur évêque, en s’interrogeant sur comment vivre des rencontres entre prêtres plus fraternelles, plus vraies, plus proches des cinq essentiels. La place des prêtres âgés ou retraités a été aussi abordée. Ces derniers pourraient certainement avoir une mission renouvelée dans le contexte de raréfaction des prêtres qui sera bientôt le nôtre.

Durant l’après-midi, l’évêque a rappelé les principaux points remontés de la réflexion sur le ministère des prêtres proposé par sa lettre pastorale : la fraternité dans le presbyterium, la délégation de certaines tâches aux laïcs, la mission du prêtre demain. S’appuyant sur ces éléments, il a alors demandé comment imaginer des équipes de prêtres pour vivre la fraternité, avec seulement une quinzaine de prêtres à l’avenir. Les participants ont évoqué alors le fait de ne pas saupoudrer les prêtres sur le territoire, ce qui les isolerait. Plusieurs modèles se sont ébauchés. Un premier avec une itinérance de prêtres sur plusieurs communautés, avec également l’émergence de petites communautés localement animées par un de leurs membres et se réunissant autour de la Parole de Dieu, ou bien encore la constitution d’équipes missionnaires composés de prêtres, de diacres, de laïcs au service de ces communautés. Un autre modèle s’appuie sur l’implantation du prêtre dans un lieu centre, en tenant compte de la réalité de l’Ardèche. Le prêtre peut alors vivre au sein de sa communauté et proposer les sacrements sur un lieu identifié. Ces différents modèles ne s’opposent pas forcément et peuvent se compléter, les prêtres n’ayant pas tous le même charisme. Ces échanges riches ont amené des questions essentielles sur la place des laïcs, le rôle important des animatrices laïques en pastorale paroissiale (ALPP) dans le soutien de la mission du prêtre, la formation des laïcs notamment sur la Parole de Dieu, la proposition de l’Eucharistie et le possible déplacement des laïcs pour y participer, l’appel à un clergé qui n’est pas ardéchois. Le débat s’est terminé autour de la mission du prêtre, de son ministère. Plusieurs participants ont alors mis en avant l’importance de la relation avec les gens, du rapport au monde. Cela a amené quelques questions sur la formation des futurs prêtres. Il a été alors souligné que les prêtres n’étaient pas tous appelés à être curé et qu’un prêtre qui n’est pas heureux dans son ministère ne donne pas envie aux autres.

Il est certain que cette journée s’est terminée sans avoir épuisé le débat. Elle a cependant permis un échange fraternel autour de questions importantes pour le devenir de notre Église en Ardèche. Notre évêque poursuivra ce dialogue lors de quatre autres journées suivant les quatre autres grandes pastorales qu’il avait dessinées dans sa lettre pastorale. Ainsi tous ceux qui se sentent concernés par la mission auprès des jeunes sont invités à la journée de la pastorale du jeune homme riche, le 9 février à Notre-Dame de Bon Secours. Les communautés chrétiennes locales seront au cœur de la journée de la pastorale de la Syrophénicienne, le 9 mars à Privas. La diaconie, c’est-à-dire le service des frères, la relation aux plus pauvres, sera le centre des échanges de la journée de la pastorale du lavement des pieds, le 27 avril à Saint-Péray. Et enfin, la pastorale des disciples d’Emmaüs, qui porte le souci de l’annonce de l’Évangile, aussi bien dans la catéchèse, le catéchuménat, la formation, la préparation aux sacrements, que les pèlerinages, la pastorale des familles ou des funérailles, proposera aussi sa journée d’échange le 4 mai à Viviers. Tous ceux qui se sentent concernés par ces questions peuvent venir à ces journées pour contribuer au débat. A l’issue de ces rencontres, notre évêque proposera alors une lettre pastorale pour avancer vers l’Église en Ardèche de demain. Décidément, l’Esprit souffle en Ardèche !

Jean-Charles Dazy
Délégué épiscopal aux formations