La Pastorale du Lavement des Pieds

Le 27 avril 2019 s’est tenue la journée synodale de la Pastorale du Lavement des Pieds. Une journée pour prier, dialoguer, et déterminer clairement et d’exprimer la vision du Salut dont la communauté chrétienne doit être porteuse. Retour sur ce samedi où les acteurs de la Diaconie diocésaine, prêtres, diacres, laïcs, les aumôneries d’hôpitaux, de prison, des gens du voyage, des migrants, des personnes handicapées, d’établissements spécialisés, les mouvements et associations caritatives étaient au premier plan.

Là où la vie est en danger, là où la mort menace, nous savons et nous croyons que l’Esprit Saint est à l’œuvre. La responsabilité des chrétiens et en particulier la responsabilité de la pastorale du lavement des pieds est de rechercher cette présence de Dieu et de collaborer avec l’Esprit de Dieu pour servir la Vie. C’est sur cette question essentielle, parmi d’autres, que les quelques 130 délégués des différents services et groupes de la Diaconie ont essayé de débattre lors de l’assemblée du 27 avril à St Péray autour de l’évêque.

Pour osez la rencontre d’humain à humain et se mettre à la suite du Christ présent dans toute rencontre, il est nécessaire d’accepter ses propres fragilités. Nous pouvons laisser nos peurs parce que tout geste de fraternité est une action de l’Esprit Saint.

Pour que toutes les paroles puissent être osées et en particulier la parole des plus fragiles, prendre le temps de l’écoute et de se laisser convertir par la parole de l’autre.

Faire l’expérience du salut c’est être relevé quand on tombe, c’est d’être aidé à vivre quand la mort menace, c’est reconnaître l’œuvre de l’Esprit dans la rencontre fraternelle, et se savoir entendu et reconnu comme blessé, c’est d’être restauré dans sa dignité.

Est ce que notre Église en Ardèche n’est pas trop frileuse et sait s’engager suffisamment pour permettre à celles et ceux qui sont écrasés par leurs conditions de vie, de se relever et de se sentir écoutés, soutenus ?

Toutes ces questions et bien d’autres font apparaitre que le chantier reste immense. Mais au cours d’une telle assemblée apparait aussi que nous avons au sein de notre Eglise diocésaine un vrai dynamisme avec un grand nombre de personnes attentives aux frères qui les entourent. Le défi à venir est de permettre à toutes les communautés ecclésiales de vivre véritablement le service du frère comme une exigence de la vie chrétienne et de la fidélité au Christ Sauveur.

Cette date du 27 avril avait été choisie depuis très longtemps et c’est sans doute l’Esprit Saint qui a soufflé au pape François de fixer la date de la béatification de Gabriel Longueville ce même jour, à la Rioja. Quel signe pour notre Eglise et pour chacun d’entre nous ! Aussi nous pouvons demander à Gabriel de nous aider à avoir l’audace de l’annonce de la Bonne Nouvelle partout où la vie est menacée. Qu’il nous aide aussi, comme il l’a fait, à nous nourrir de la Parole de Dieu pour humaniser la vie du monde et la notre.
Ce lien avec la béatification des 4 martyrs de la Rioja a pu être vécu en direct (compte tenu du décalage horaire) via la vidéo publiée sur le net et cela juste avant que nous célébrions l’eucharistie.

P.Charles BECHERAS
Coordinateur de la Pastorale du Lavement des Pieds
Délégué épiscopal à la Diaconie

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Prendre le temps de regarder son voisin

En ce jour de rencontre de toutes les composantes de la diaconie, nous avions à cœur de vivre un temps de prière qui nous ressemble. Et nous voici plongés dans le vécu de Jésus notre Seigneur, selon Saint Jean.
Jésus dit : « Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. »
Et chacun d’entre nous est invité à vivre à la suite de notre évêque le geste symbolique du lavement des mains de cette manière :
« Je prendrais tout d’abord le temps de regarder mon voisin à qui je vais laver la main puis je pose le geste et lui essuie sa main et je lui donnerai la bassine et la serviette en disant ces mots « Je t’envoie vers ton frère – ta sœur le laver, signe de l’amour de Dieu » ». Ce geste est bercé par ce chant « Donne moi ton regard, ô Seigneur »

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Ce geste nous renvoie à notre quotidien où nous sommes dans la rencontre et le service de notre frère plus pauvre. Ce geste simple nous révèle la délicatesse du toucher (regard, attention, présence…) et nous invite à aller aussi au rythme de celui qui est en face de nous car il n’est pas facile de se laisser faire.

Notre évêque reçu les bassines en disant : « En recevant cette bassine, je reçois et j’accueille chacun des gestes de lavement que vous avez fait comme une prière d’amour pour vos frères et je les déposes dans le cœur de Jésus. »
Et c’est à la suite de Jésus qu’entre frères et tournés vers le Père nous disons : Notre Père.
Et nous voici ouvert à l’échange avec l’évêque.

Marie-Thé Vallier,
Equipe aumônerie Béthanie, membre de l’équipe diocésaine Diaconie

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Partager ensemble

Répondant à l’appel de notre évêque, je me suis rendu à St Peray le 27 avril, peu enthousiaste je l’avoue. Encore une réunion ! En arrivant, je suis surpris par le lieu et par le nombre de personnes. Cette rencontre a permis aux différents groupes constituant notre Église de s’exprimer, de dire leur façon de voir et de vivre à l’intérieur de l’Église ainsi que dans la société, de partager leur convictions et leurs inquiétudes, (accueil de migrants), de mesurer la force et l’exigence qu’engage le fait de se dire chrétiens, la cohérence des positions de l’Église face à la diversité des opinions qui s’expriment dans la société.
De cette diversité comment en faire émerger le meilleur ? Ces échanges sont fructueux pour chacun de nous et pour l’Église. Je suis heureux de vivre ma foi dans une Église qui est bien dans la vie et dans la réalité. Que dire encore ? Que les moments de convivialité sont chaleureux, que notre évêque, très sollicité, est resté très accessible pour partager nos préoccupations. Nous avons terminé par une messe avant de repartir dans nos maisons avec la tête bouillonnante.
J’aime cette Église qui est dans la Vie et qui nous conforte dans l’espérance.

Jacques Crouzet, membre du CCFD Terre Solidaire.