La Pastorale des Disciples d’Emmaüs

La dernière journée proposée par Mgr Jean-Louis Balsa, évêque de Viviers, pour poursuivre la réflexion initiée par sa lettre pastorale « Avance au large ! » s’est tenue le samedi 4 mai. La Pastorale des Disciples d’Emmaüs, telle que l’a appelée notre évêque, était donc la dernière à se réunir pour un dialogue avec lui. Retour sur cet événement.

Beaucoup avait fait le déplacement ce samedi pour la dernière journée synodale. Il faut dire que la Pastorale des Disciples d’Emmaüs regroupe depuis 2017 le service d’Initiation chrétienne, la pastorale familiale, les préparations au mariage, les Funérailles, la Formation, la Bibliothèque et les Pèlerinages. Depuis moins de ans, tous ont pris le temps de déterminer clairement et d’exprimer la vision du Salut que Jésus propose comme initiation. Joie, partages, prières, convivialité ont été les maîtres mots de cet événement festif.

Suite à la réflexion des différents services, sept thèmes sont ressortis :
1- S’ouvrir à la foi :
• La foi est un don de Dieu.
• L’intelligence de la foi est serviteur du cœur, mais attention à ne pas intellectualiser la foi.
• Avoir un lien privilégié avec Jésus.
• La foi est empêchée par notre rationalisme, nos schémas, nos valeurs, notre tristesse dans les épreuves, l’attrait des biens matériels, le contexte actuel de sécularisation, l’hyperactivité de nos vies. Le « trop plein » de nos vies ne laissent pas ou peu de place pour la rencontre avec Dieu.

2- Oser une rencontre et accueillir une bienveillance
• Comme le Christ, il est important d’être en marche, de ne pas attendre que les personnes viennent à nous. Aller à leur rencontre en tenant compte de ce qu’elles sont.
• La rencontre de « personne à personne » et la qualité de l’accueil sont primordiales.
• L’Église, lieu de miséricorde avant tout.
• Prendre l’initiative de la rencontre, entrer en dialogue, donner la parole, poser des questions sont les quatre attitudes de la pédagogie de Jésus.
• Comment donner la parole à ceux qui ne l’ont plus ?
• Une présence d’Église dans les lieux de souffrance.
• Les femmes dans l’Évangile risquent et osent.
• L’oralité libère.
• Il semble important d’échanger d’abord sur les questions existentielles.

3- Témoigner que la foi en Jésus Christ change notre vie
• Être des révélateurs des merveilles de Dieu dans leurs vies.
• Les femmes dans le récit sont les premiers témoins de la résurrection.
• Ces femmes n’ont pas peur d’annoncer ce qui n’est pas rationnel.
• Importance du témoignage indépendamment du fait qu’il soit cru ou pas.
• Notre témoignage par nos actes et nos paroles manifeste la présence de Jésus ressuscité.
• On note l’importance de la mutualité du témoignage.
• Il faut faire changer les représentations.
• Ces femmes permettent à Jésus d’être pleinement lui-même.
• Les femmes donnent la vie et jouent un rôle important dans la transmission.
• Faire la différence entre efficacité et fécondité

4- Laisser la place à la Parole
• Permettre à la Parole de remplir les cœurs notamment dans les moments ou dans les étapes où les personnes se posent des questions mais aussi dans l’inattendu de la rencontre.
• Une articulation est nécessaire entre l’Ancien et le Nouveau Testament. Jésus est celui qui est annoncé dans les Ecritures.
• Le passage par l’Ecriture, la Parole permet le décentrement, et nous fait entrer dans une histoire plus large.
• L’interprétation est nécessaire pour comprendre la résurrection.
• On est souvent tenté de mettre des explications à la place de la Parole.
• Savoir accepter que la Parole dérange, ne pas enlever les passages gênants.
• Donner le goût de partager la Parole.
• Le Christ nous ouvre l’accès aux écritures et nous donne la clé du salut.

5- Permettre un discernement
• Écouter, accompagner, proposer un chemin, initier.
• Une qualité d’écoute et de discernement sont indispensables pour proposer un chemin.
• Les femmes dans l’évangile jouent le rôle de passerelle.
• Dieu ne s’impose pas, il laisse le temps.
• Respect de la liberté de chacun.
• Créer le désir d’aller plus loin.
• Permettre aux personnes d’être acteurs de leur chemin et leur permettre une parole.
• Un cheminement qui prend du temps est indispensable pour découvrir Jésus.
• L’interprétation, la relecture permettent de voir la présence de Dieu dans nos vies. Dieu se révèle alors.
• On voit apparaître un véritable processus initiatique : une épreuve (l’échec, la mort) qui fait se lever (la résurrection), se retourner (la conversion) et demander l’attestation de la communauté.

6- Favoriser l’expérience du Christ dans nos liturgies
• Permettons-nous notamment dans nos célébrations de faire l’expérience de la rencontre, l’expérience du Christ ressuscité, de ce qu’est l’Eglise, elle-même ?
• Les paroles et les gestes rendent Jésus présent. D’où l’importance de les prononcer et de les poser avec solennité, vérité.
• La liturgie est un des lieux privilégiés pour entrer dans le Mystère.
• L’action de grâce est souvent absente de nos liturgies.
• Les demandes de sacrements sont des formes d’action de grâce et le reste ne nous appartient pas.
• Donner le goût de vivre l’eucharistie.
• Ne faut-il pas aujourd’hui d’abord faire l’expérience du cœur pour entrer dans l’intelligence de la foi ?
• Proposer les trésors de l’Eglise pour aider les personnes à donner du sens à leur vie.

7- Faire communauté
• Nécessité d’une communauté fraternelle, capable d’écouter le témoignage de chacun pour faire Eglise.
• On repère trois modalités d’apparition :
• Parole/communauté/Eucharistie qu’il faut tenir ensemble pour permettre une intégration au sein de la communauté qui atteste de la résurrection.
• La résurrection s’appuie sur un témoignage transmis.
• L’attestation que Jésus est ressuscité n’est possible que dans la communauté et nécessite l’attestation.

A travers ces sept thèmes, Mgr Balsa a interrogé les participants, des questions dont la finalité lui permettra d’écrire sa prochaine lettre pastorale.

La journée s’est terminée par la liturgie de la Parole avec en point d’orgue l’envoi en mission par notre évêque de chacun des responsables des services à la Pastorale des Disciples d’Emmaüs.

Évangile selon Saint Luc, chapitre 24
Le même jour, deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé. Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux. Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Jésus leur dit : « De quoi discutez-vous en marchant ? » Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes. L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit : « Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci. » Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth, cet homme qui était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple : comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié. Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël. Mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé.
À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur. Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau, elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision : des anges, qui disaient qu’il est vivant. Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. » Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait. Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin. Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux. Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards. Ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? » À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent : « Le Seigneur est réellement ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. » À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.