vocations… entretien avec le P. Christian Goudard

Service Diocésain des Vocations Diocèse de Viviers

Thème de la journée mondiale de prière pour les vocations : « CONFIANCE, LEVE-TOI, IL T’APPELLE ! »

1° - Vous êtes responsable du service diocésain des vocations. Quelle est votre mission ?
Je suis responsable du service diocésain des vocations depuis le début de cette année pastorale (septembre 2008). Une telle mission ne peut se vivre bien que si elle se vit en équipe. Nous sommes, prêtre, religieux, laïcs en charge de ce service, d’abord pour croire à la mission confiée par l’Evêque. Croire qu’à travers l’Evêque, Dieu appelle. Et que si Dieu appelle, c’est que la mission sera féconde. Nous sommes aussi là pour dire que le mot « vocation » n’est pas un mot ringard. Ou un mot qui fait peur. Et qu’il ne faut pas se cacher le visage avec son bras lorsqu’on l’entend prononcer.


2° Qu’entend-on par vocation ?

Oui, « vocation » au singulier. Chacun sait qu’il n’y a qu’une seule vocation : celle dont la Bible nous parle, celle à laquelle l’Eglise nous appelle : une vocation à la sainteté. Mis à part pour Dieu, mis à part pour accueillir une Bonne Nouvelle, pour la proposer par la parole, le témoignage, mis à part pour vivre la Foi au cœur de l’Eglise, de nos communautés locales ardéchoises, de nos paroisses, au cœur du monde et de chacune de ses réalités. Etre humblement ferment, levain, avec joie et conviction. C’est la vocation de chacun. Une vocation à la sainteté qui resplendira dans le mariage, dans la vie religieuse, dans une vie de laïc consacré, de diacre, prêtre, évêque ! Tous appelés à la sainteté pour faire de notre vie une vie consacrée à Dieu, une vie qui lui plaise, qui construise l’Eglise, en fidélité aux appels reçus. Il n’est pas possible d’entendre un appel de Dieu pour une vocation particulière si l’on n’est pas décidé à vivre d’abord et en même temps l’appel à la sainteté.


3° La situation des vocations en Ardèche ?

C’est l’histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein… Il y a un séminariste pour le diocèse de Viviers. Au regard du nombre et de l’âge moyen des prêtres du diocèse, c’est bien peu ! Ceci, c’est l’histoire du verre à moitié vide. Mais si notre regard est porteur d’Espérance, alors tout peut changer. Parce que des prêtres, même peu nombreux, sont un appel vivant pour les autres baptisés ! Mourir à nos vieilles habitudes lorsqu’elles ne nous ouvrent pas au vrai souci de la mission, pour donner le meilleur de nous-mêmes à l’avènement de communautés locales et paroissiales fraternelles. Et tellement fraternelles qu’on en vienne à dire « et moi, qu’est-ce que je peux faire pour que ce soit un peu plus vivant ? » Cela ne dépend pas du nombre de prêtres, mais bien de la réponse de chaque chrétien à l’appel à la sainteté. Etre saint, c’est aussi être frère pour que là où je suis on puisse s’aimer. Voilà l’Evangélisation. Une Evangélisation vécue avec le prêtre qui la mènera à son sommet en célébrant l’Eucharistie avec les frères de sa communauté. Si on essaie de vivre dans un tel esprit, des jeunes se lèveront. Parce qu’ils auront compris que la Foi accueillie, partagée, c’est une réalité vivante qui est source de dynamisme et d’Espérance. Et qui pousse à avancer. Sans crainte.

Bien sûr que le nombre de prêtres est important ! Et Dieu sait si notre Evêque porte ce souci, avec d’autres ! Bien sûr qu’il faut prendre la situation au sérieux. Et travailler sans cesse à proposer à des enfants, à des jeunes, de se mettre en route vers le ministère de prêtre. Leur dire que le prêtre n’est pas un super animateur laïc, mais une personne consacrée à Dieu en se consacrant à l’Eglise. C’est une des tâches du service des vocations, en lien avec d’autres services, comme celui de l’initiation chrétienne. Il faudrait aussi que ce travail de propositions puisse se faire en coopération avec les familles. Le Concile Vatican II aime à dire que les parents sont les premiers éducateurs de la Foi. C’est bien tout un travail d’Eglise.

4° Comment se laisser appeler ?
L’appel est intérieur. Là où Dieu parle en chacun. Un murmure du Seigneur qui réclame une écoute, une attention particulière. Et c’est là qu’il faudra répondre oui, un jour. Mais l’appel passe aussi par ce que l’on voit, ce que l’on sait du ministère du prêtre. Et que sait-on du prêtre ? Que sait-on de sa prière ? Que sait-t-on de ce qu’il fait, de ce qu’il vit ? Que sait-on de l’œuvre de l’Esprit dans son ministère ? Pourquoi ne pas imaginer que des confirmands, par exemple, puissent accompagner le prêtre pendant une journée de son ministère, pour se faire une idée sur ce qu’est être prêtre. Bien sûr, ce n’est pas une solution miracle ! Mais peut-être qu’un déclic pourrait aussi se faire là !


5° De plus en plus nombreux, les diacres permanents seront-ils les prêtres de demain ?

Il nous faut nous réjouir devant le ministère des diacres ! Et ils ne seront jamais assez nombreux ! Eux dont la mission est d’abord d’être sur le seuil, attentifs à ceux qui ont du mal dans leur vie de Foi, dans leur vie en Eglise, présents au monde de l’incroyance ! Leur service est capital, et il nous faut sans aucun doute être particulièrement attentifs à leur mission. Parce qu’ils ont un ministère de passeur, plus les diacres pourront bien vivre leur mission, plus les prêtres pourront bien vivre la leur. Il faut creuser plus profond encore le lien entre eux et les prêtres. Prêtres, connaissons-nous bien les diacres, et leur mission ?


6° Que dire sur le célibat des prêtres ?

Le prêtre est célibataire ! On a tant dit à ce sujet… Une certitude : le célibat consacré est une richesse. Un choix de vie qui mérite d’être présenté à des enfants, des adolescents, des jeunes.


7° Cette journée mondiale de prière pour les vocations est-elle importante à vos yeux ?

Chaque année, elle nous ramène inlassablement à la vocation première de tout baptisé : l’appel à la sainteté. Elle nous rappelle que cette vocation se vit de diverses manières. Pour ce qui concerne en particulier la vocation de prêtre, diacre permanent, religieux, consacré, la journée de prière nous permet de lancer à nouveau en confiance l’Appel de Jésus dans l’Evangile - et chaque mot compte : CONFIANCE ! LEVE-TOI ! IL T’APPELLE !

P. Christian Goudard