Croq’ la vie - Rassemblement des lycéens à Valence Découvrez l’homélie de Mgr BALSA et l’émission de RCF

Lors du rassemblement provincial Croq’ la vie, ils étaient environ 600 jeunes lycéens venus de toute la région Rhône-Alpes pour se retrouver à Valence, du 21 au 23 octobre 2017.

Retrouvez ci-dessous l’homélie de Mgr Jean-Louis BALSA, évêque de Viviers, lors de la célébration eucharistique du dimanche, ainsi que l’émission radio de RCF réunissant des jeunes autour de Mgr BALSA et de Mgr MICHEL, évêque de Valence.

Samedi 21 octobre - Emission RCF enregistrée en public

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Dimanche 22 octobre - Homélie de Mgr BALSA

Lycéens et étudiants, vous qui suivez Jésus (l’Eglise qui est à Lyon, l’Eglise qui est à Grenoble, l’Eglise qui est à Belley-Ars, l’Eglise qui est à Saint Etienne, l’Eglise qui est à Valence, l’Eglise qui est à Viviers, l’Eglise qui est à Chambéry, l’Eglise qui est à Annecy), vous qui êtes depuis hier réunis au nom de Jésus-Christ ici à Valence, vous êtes ce soir la présence réelle de Jésus.
Vous avez convergé vers Valence, et depuis hier, vous avez chanté, discuté, témoigné, écouté des témoignages, réfléchi, fait la fête, fait la connaissance des familles qui vous accueillent, peu dormi.
Vous avez discuté d’une terre nouvelle, parce que vous êtes en collocation sur cette terre, qui appartient à chacun comme à tous comme lorsque vous vivez en famille, ou seul, ou en colloc’ d’étudiants, en communauté, en internat.
Et il est bon d’avoir nommé notre rassemblement « collocation » et non pas copropriété.
Et pour réaffirmer que le seul propriétaire, c’est Dieu qui a voulu et fait le ciel et la terre.
Pour réaffirmer que Dieu nous a confié cette Terre, que nous en sommes coresponsables, que nous ne pouvons pas vivre dans une bulle.
Pour réentendre de Dieu qu’il ne nous a pas créés pour dissocier, seuls ou à quelques uns, notre vie concrète de celle des autres.

Ici à Valence, comme Jésus nous l’a promis : « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux ».
Et d’ailleurs, à l’instant, des baptisés dont un diacre ont proclamé la Parole que Dieu nous a donnée et qu’il a tenue il y a 2000 ans lorsque par l’Esprit Saint, cette Parole qui a pris chair de la Vierge Marie est s’est faite homme en Jésus de Nazareth.

Et parce qu’il en est ainsi, puisque vous êtes la présence réelle de Jésus, les mêmes pharisiens accompagnés des partisans d’Hérode tiennent toujours conseil pour vous prendre au piège.
Je paraphrase l’Evangile :
Oui, il y a dans vos vies des disciples des pharisiens accompagnés des partisans d’Hérode qui vous interrogent et qui vous disent comme à Jésus :
« Jeunes gens qui êtres chrétiens de Rhône-Alpes, nous le savons : vous êtes toujours vrais et vous enseignez le chemin de Dieu en vérité ; vous ne vous laissez influencer par personne, car ce n’est pas selon l’apparence que vous considérez les gens ».
D’ailleurs, la preuve, c’est que vous êtes ici, alors que vous pourriez faire tellement autre chose, du sport, rester en famille, buller sur votre canapé, travailler vos devoirs, retrouver des amis, etc.
Oui, vous vous réunissez, comme souvent dans l’année, vous vous faites des colloc’, vous lisez la Bible, vous essayez de faire le bien et pas le mal, vous vous tournez vers les autres, dans les grandes et petites actions du quotidien.

Alors ce soir, comme il s’est passé pour Jésus, les pharisiens et les partisans d’Hérode vous demandent votre avis :
« Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? ».

Au fond, ils vous demandent quelque chose que vous pouvez aussi vous demandez souvent : « que faut-il faire ? »
Parce qu’ils considèrent que notre vie consiste à payer :
« Tu es comme ceci, tu vas le payer ; tu as des ennemis, tu vas te les payer ; paye ta tranquillité ; paye ta vie ».
Les pharisiens et les partisans d’Hérode vous disent une vérité :
que vous êtes dans un cadre que vous avez plus ou moins choisi, dans un système d’études ou de travail que là aussi vous avez plus ou moins choisi, et que dire de votre famille, de vos parents, de vos frères et sœurs, des vos amis, de celles ou ceux dont vous êtes amoureux, de vos ennemis : qu’avez-vous vraiment choisi ?
De naître maintenant plutôt qu’au 18ème siècle ou qu’au 24ème siècle, ou plutôt que de naître jamais ?
D’être français plutôt que d’un autre pays ?
D’être un homme plutôt qu’une femme ou qu’une femme plutôt qu’un homme.
D’aimer tel ou telle alors que vous êtes conditionnés par votre éducation, votre milieu, vos rencontres, et plus basiquement par vos chromosomes, vos hormones et la chimie de votre cerveau ?

Comme les pharisiens qui considéraient la présence romaine comme un châtiment de Dieu et les partisans d’Hérode qui composaient avec les romains, ils suggèrent que votre vie est exclusivement de subir, qu’elle est une sorte de fatalité et que la seule solution serait de s’arranger par des petites compromissions, comme si la vie était un sauve qui peut personnel, et comme si votre présence ici, parce que vous avez parlé de la planète servait à vous donner bonne conscience, et à être quitte.
Ils suggèrent que votre vie est seulement une dette et que vivre consiste à payer, donc d’en avoir les moyens, donc de faire de vous des esclaves de vos études, de vos examens, de vos réussites comme de vos échecs, esclaves de vos relations.
L’hypocrisie des pharisiens consiste à chercher à enfermer dans un univers exclusif sur ce que vous devez à la vie, aux autres et à Dieu.
Que dois-je payer, quel est le prix à mettre pour être tranquille ?
Oui, nous avons tous des dettes, mais cela ne peut nous enfermer.
Au risque inverse de réagir comme les zélotes qui ont fini dans la tentation du suicide.

Ces trois jours à Valence, sont la réponse que vous faites à Jésus :
« Montrez-moi la monnaie de l’impôt », montrez-moi comment vous monnayez votre vie, comment vous assumez votre présence sur cette planète ? ».
Et il vous dit ce soir : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ».
Vous qui êtes chrétiens, vous pouvez faire la même réponse que Jésus.
Il y a les chemins que « vous » décidez, les dettes que « vous » avez.
Mais pour Jésus, il y a autre chose qui fait vos vies.
Jésus vous propose de ne pas faire de vos vies une dette mais un don.
« Rendez à Dieu ce qui est à Dieu ».
Rendre plutôt qu’acheter.

Non pas uniquement ce que vous allez faire « dans » votre vie, mais ce que vous allez faire « de » votre vie.
Pas uniquement ce que vous allez « faire », mais ce que vous allez « être ».
Vous avez tous reçu un don de Dieu, vous êtes vous-mêmes, chacun, « le » don de Dieu.
Ce que je dois faire dans ma vie c’est César.
Ce que je dois faire de ma vie c’est Dieu.

Tout à l’heure, Dieu par le prophète Isaïe disait : « Je t’ai appelé par ton nom, alors que tu ne me connaissais pas ».
Tout à l’heure, Dieu par Saint Paul disait : « nous le savons, vous avez été choisi par Dieu ».

Parce que vous êtes le projet de Dieu, demandez-vous : Qu’est-ce que j’ai reçu, qu’est-ce que je dois rendre ? Là est la vraie liberté.

Par votre baptême, la vocation de la majorité d’entre vous qui êtes ici sera appelée à manifester l’amour de Dieu quand vous vous marierez et aurez des enfants que vous élèverez dans cet amour. Vous serez l’honneur de Dieu qui a engendré le monde.
En cela, vous serez comme le grain de blé qui tombe en terre, qui ne reste pas seul et qui porte beaucoup de fruits.
C’est comme cela que vous rendrez ce que Dieu vous a donné.

Par votre baptême, certains jeunes gens et certaines jeunes filles qui êtes ici permettront à l’Esprit Saint, par leur vocation de religieuses, de religieux, ou de moines, de préparer dès maintenant pour les autres la venue du Royaume de Dieu.
Vous serez l’honneur de l’Esprit Saint qui prend notre défense.
En cela, vous serez cette bonne terre qui permettra au grain de blé de pousser.
C’est comme cela que vous rendrez ce que Dieu vous a donné.

Par votre baptême, certains jeunes gens qui êtes ici, vous serez appelés par Jésus-Christ, comme diacres, prêtres ou évêques, à baptiser ceux qui vous entourent, à leur donner le Corps du Christ, à les marier, à pardonner leurs péchés, à leur transmettre la vie de Dieu quand leur corps se dégradera.
En cela, vous serez ce grain de blé ou ce raisin qui n’a pas été replanté, mais qui aura été transformé en pain et en vin dont Dieu se servira pour nourrir de son eucharistie ceux qu’il appelle à lui.
C’est comme cela que vous rendrez ce que Dieu vous a donné.

Et bien, c’est maintenant que cette Eucharistie va faire de vous cette présence réelle de Jésus.
A l’instant, à l’offertoire, nous allons rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.
A l’instant, par la volonté de Dieu, son Esprit Saint va faire que Jésus soit réellement parmi nous.
A l’instant, par la bouche des évêques et des prêtres, vous allez entendre réellement les paroles de Jésus qui va lui-même rendre à Dieu ce qui est à Dieu.
Et il va nous dire : « faites-le vous-mêmes en mémoire de moi ».
A l’instant, aujourd’hui, demain et jusqu’à votre mort, rappelez vous que par votre baptême, vous êtes devenus le corps du Christ, que l’Esprit de Dieu vous tient ensemble, que chacun d’entre vous est un projet de Dieu, et que Dieu vous a associés à sa propre action.
Dieu croit en vous, il agit par vous, avec vous et en vous parce qu’il vous a donné son Esprit Saint, l’Esprit qui reposait sur Jésus.

Que chacun fasse de sa vie une eucharistie vivante pour la gloire de Dieu et le salut de tous ceux qui habitent cette planète.