LES NOCES DE CANA PEDAGOGIE DIVINE POUR TOUS LES ACTEURS DE LA PREPARATION AU MARIAGE

Lors de la journée diocésaine des états généraux du mariage, le 10 décembre 2016, la lecture de l’Évangile de Jean sur ’les noces de Cana" a rythmé notre journée et éclairé notre travail.

A la suite de cette journée, Mgr Balsa, nous propose à partir de ce texte une feuille de route pour les acteurs de la préparation au mariage.

Après les États généraux du mariage qui se sont déroulés à Viviers le 10 décembre 2016, j’encourage tous les participants, ainsi que tous ceux et celles qui préparent au mariage à sans cesse méditer dans l’Évangile de Jean, les Noces de Cana, en étant très attentif à ce que Jésus dit de faire. (Jn 2, 1-11).

Je vous propose donc la lecture des Noces de Cana que je vous ai rapidement esquissée à Viviers comme une feuille de route appropriée à votre mission en considérant la pédagogie divine du mariage.
A vous d’en compléter la méditation en l’alimentant de votre pratique.

« Le troisième jour, »

La mention du troisième jour nous met immédiatement en alerte que le sacrement du mariage est l’un des sept signes et moyens que Dieu a mis à notre disposition pour expérimenter le passage de la mort à la Vie, la Résurrection.
Quand nous accueillons quiconque frappe à la porte de l’Église pour célébrer un mariage, il nous faut bien avoir dans le cœur et dans notre pédagogie que va se jouer pour les fiancés la Résurrection elle-même, et que leur amour en sera le lieu.

"Il y eut un mariage à Cana en Galilée. La mère de Jésus est là.
Jésus aussi avait été invité au mariage, avec ses disciples."

Un homme et une femme veulent se marier.
Sauf que, comme la mère de Jésus, l’Église est là, puisque des jeunes viennent frapper à sa porte. Sans le savoir, en venant vers une église, ils sont en train d’inviter Jésus à leur noce. Jésus se trouve avec sa mère, et Dieu merci, Jésus se trouve aussi aujourd’hui avec son Église, même si c’est d’abord l’Eglise que l’on vient voir.
Les motivations des fiancés sont souvent obscures, mais il est toujours clair, que pour l’un ou les deux, il manque du vin, c’est à dire, il manque quelque chose qui donne un sens absolu à leur amour.
A nous qui préparons au mariage, comment entendons-nous dans le dialogue avec les fiancés ce manque qui les pousse consciemment ou pas vers l’Église.
A nous de pouvoir exprimer entre nous ce qui manque pour que l’amour soit vraiment célébré et vécu.

"Jésus lui répond : femme que me veux-tu, mon heure n’est pas encore venue."

Avertissement à tous ceux qui préparent au mariage : Jésus en disant à l’Église : « femme, que me veux-tu ? », met de la distance entre Lui et nous.
Ne pas se précipiter, prendre le temps, le temps qu’il faut. Ce n’est pas le nombre de rencontres qui fera une préparation. C’est pendant la préparation laisser à Jésus l’heure se sa rencontre avec les fiancés.

"Sa mère dit à ceux qui servaient : faites tout ce qu’il vous dira."

A travers la mère de Jésus, l’Église dit à tous ceux qui préparent au mariage d’entrer dans ce que Jésus va proposer, et de le faire vivre expérimentalement aux futurs mariés, comme préparation.

"Or, il y avait là six jarres de pierre pour les purifications rituelles des Juifs ; chacune contenait deux à trois mesures, (c’est-à-dire environ cent litres).
Jésus dit à ceux qui servaient : « Remplissez d’eau les jarres. » Et ils les remplirent jusqu’au bord."

Dans chaque rencontre, à chaque moment, d’abord permettre aux futurs mariés d’exprimer concrètement ce qui les purifiés, aller profondément dans ces paroles échangées, jusqu’à rabord, jusqu’à plus soif.
Permettre aux futurs mariés d’être remplis de ce qui les fait vivre, et aussi qui les purifie, les nettoie.
Mais aussi cette eau qui lave comme la sueur ou les larmes. Quels évènements dans une vie ou avec son futur conjoint, font suer, ou font pleurer.
Que l’autre en soit le témoin.
Que ceux qui préparent « remplissent », c’est à dire, aident à mettre des mots sur la Création déjà là : six jarres de pierre, six jours pour faire être construit comme un être humain, mais combien d’années, avec quelle eau pour les futurs mariés.

"Il leur dit : « Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent."

C’est de vous qu’il s’agit, vous qui préparez au mariage, quand Jésus parle.
C’est le moment, le maintenant qui doit advenir dans une préparation lorsque vous allez extraire de cette création, exprimée par les futurs mariés, des éléments de vie que vous allez leur révéler, parce qu’ils ont un rapport avec Dieu.
Il va falloir discerner avec eux quelque chose dont ils sont amenés à se dessaisir, qui va manquer à chacun d’entre eux, qui ne sera jamais comblé.
Mais c’est à vous qui préparez que cela soit révélé à eux qui se préparent. Ils ne peuvent pas le faire seuls, ni l’inventer. Cette eau retirée de l’eau, et parce que retirée, devenant ce vin.
C’est la même eau retirée de Jésus de son côté ouvert, sur la croix, qui ouvre à la Vie.
C’est ce manque d’eau qui lui fera dire : « j’ai soif », et qui ouvrira au moment de mourir à un désir, à une espérance, alors que tout semble fini.

"Et celui-ci goûta l’eau changée en vin. Il ne savait pas d’où venait ce vin, mais ceux qui servaient le savaient bien, eux qui avaient puisé l’eau. Alors le maître du repas appelle le marié."

C’est à ce moment de la pédagogie divine que vous qui préparez au mariage, vous allez révéler Jésus-Christ aux futurs mariés, car vous savez vous, nous dit l’Évangile de Jean, d’où vient ce vin.
Et donc, vous pouvez témoigner que ce qui va être célébré au mariage, ce n’est pas une plénitude, mais un manque, dont la croix est le signe, et qui ne sera jamais comblé.
C’est pourquoi vous pouvez et devez appeler maintenant, à ce moment de la préparation au mariage, Jésus, comme la figure du véritable marié.
Il vous faut alors plonger dans la Parole de Dieu avec les futurs mariés, partout dans l’Évangile où Jésus lui-même va manquer de l’autre, et découvrir avec les futurs mariés qu’à travers Jésus, ils ont une voie pour leur propre amour.

"et lui dit : « Tout le monde sert le bon vin en premier et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon. Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant."

Cette voie, ce chemin n’est pas le chemin que prennent ceux qui d’habitude se marient. En effet, l’Évangile dit que cela commence toujours très fort dans l’amour, et que progressivement, tout peut s’affadir et même saouler.

La voie proposée par Jésus dans le mariage est celle que Dieu veut.
Et c’est en cela que Dieu est associé à la parole que deux époux se donnent : dans la mesure où ils prennent cette Voie.
Cette voie est alors que Jésus est Dieu et qu’il se suffit à lui-même, il renonce à cette totalité et se manifeste comme époux qui désire son épouse. (qui est absente dans les Noces de Cana).

Avec le Maître du repas, c’est à dire avec Dieu, vous pouvez les aider à parler et à agir dans leur couple, comme Dieu.
Pour être marie et femme, ne pas se reconnaître d’abord comme fils et fille respectivement de leur propre père, mais se référer en fin de compte à un seul Père dont l’amour est unique et dont le Fils indique la seule voie pour aller vers l’autre.

"Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C’était à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui."

Si à la fin de la préparation au mariage du futur couple que vous avez rencontré, vous pouvez dire : « la préparation à la paroisse, le CPM, Alpha, la rencontre avec un prêtre ou un diacre, etc. fut le commencement des signes que Jésus accomplit pour ce couple », alors vous pourrez dire : « c’était en Ardèche. Jésus manifesta sa gloire et ce couple crut en lui ».

Et que tout au long de sa vie, ce nouveau couple continue à vivre dans l’Église et dans le monde ce que la fin de l’Apocalypse de Jean proclame :

« L’Esprit et l’Épouse disent : Viens ».

+ Jean-Louis BALSA
Évêque de Viviers