Synode des evêques sur la Famille - Bilan de la première semaine de travail

Bilan du tavail en groupe linguistique

Depuis mardi après-midi, les évêques réfléchissent en groupe linguistique (13 au total) pour faciliter le travail et mieux faire remonter les propositions. Les questions sont abordées avec des sensibilités différentes selon la provenance des pères synodaux. Les premières remontées de ces groupes ont eu lieu vendredi. Moins de crises, plus d’espérance, voilà l’observation qui émerge de ces textes, qui invitent à souligner la beauté de la famille et non seulement ses difficultés.

Voici quelques éléments de ces réflexions :

Mettre en évidence la beauté et la vitalité de la famille

Moins de crises, plus d’espérance : et ceci est l’observation qui émerge avec plus de fréquence des relations des Cercles mineurs. La beauté et la vitalité de la famille basée sur le mariage indissoluble entre l’homme et la femme, sa façon d’être école d’humanité, creuset d’intégration qui donne de la force au tissu social, expliquent les rapporteurs des Cercles mineurs, se sont pas suffisamment mises en évidence dans l’Instrumentum Laboris, qui souvent semble faire une analyse sociologique des défis regardant le noyau familial, listant les problèmes comme une litanie, mais en oubliant le regard de la foi, le regard du Christ. Au contraire, soulignent les groupes linguistiques, doit émerger l’Église du oui, qui donne de la confiance et de l’espérance aux familles, sans édulcorer ou nier leurs difficultés objectives.

Crise de foi, crise de la famille. Les responsabilités de l’Église

Une seconde observation regarde la Pastorale familiale ; si la famille est en crise, soulignent les 13 rapports, dans lesquels les pères synodaux font aussi une autocritique, c’est peut-être parce qu’il a manqué une juste éducation à la foi. L’Église elle-même, dans un certain sens, est responsable de la situation de la famille aujourd’hui, car elle eu dans ses débats une pensée quasiment « médiévale », trop éloigné des réalités, trop normative et privée d’une vision intégrale. Au contraire, les pères synodaux exhortent à se souvenir que l’Église est servante, et non maître, de la famille et qu’elle lui doit beaucoup, parce que justement son futur en dépend.

Non à une approche trop "eurocentrique"

Donc, les cercles mineurs reflètent leur structure et le langage de l’Instrumentum laboris, en en mettant en évidence les aspects excessivement occidentaux, « eurocentriques », qui le caractérisent le style peu attractif et parfois un peu confus, surtout dans la façon d’individualiser les destinataires auxquels il a été remis. Il est donc souhaité que le document final de l’Assemblée soit écrit dans un mode plus frais, linéaire, clair, pas trop technique, pour être d’une lecture facile pour tous.

Non à la « théorie du genre ». Une pastorale spécifique pour les migrants et les réfugiés

Les treize relations convergent ensuite sur certains points particuliers : il est demandé, par exemple, une attention plus grande sur la « théorie du genre » et sur les risques que comporte sa diffusion, et parfois son imposition, dans les programmes scolaires, en les transformant en une pensée unique qui endommage la famille. Une unanimité se rencontre aussi sur l’approche à avoir pour les migrants et les réfugiés pour lesquels on souhaite une pastorale spécifique, dans l’Église comme dans l’Église d’accueil. Il est rappelé que la question migratoire représente un défi dans le domaine interreligieux, et qu’il faut souligner les droits, mais aussi les devoirs des migrants.

Plus d’attention aux personnes âgées et handicapés

Les rapports des groupes linguistiques demandent une majeure réflexion sur l’importance des personnes âgées dans la vie familiale, en particulier sur le rôle des grands-parents, comme sur les défis du handicap dont les aspects positifs doivent être mieux mis en évidence et valorisés.

Approfondir la bioéthique et ses implications sur la vie humaine

Certains cercles mineurs avancent des propositions spécifiques : par exemple, insérer dans le document final de l’Assemblée des histoires de vie familiale ou de sainteté qui soient exemplaires pour les fidèles, ajouter des citations bibliques, réfléchir mieux sur le thème de la chasteté et de l’éducation affective, surtout pour les jeunes, considérer avec plus d’attention les influences de la technologie sur la vie familiale, en particulier en ce qui concerne Internet et la pornographie, approfondir le thème de la bioéthique, dont les développements peuvent endommager l’être humain dans son essence et sa valeur.

Satisfaction pour la méthode de travail dans les Cercles

Les groupes linguistiques expriment leur satisfaction pour la méthode de travail : le débat direct entre les pères synodaux qui parlent la même langue, mais vivent des histoires, des réalités et des cultures diverses dans des pays différents, est une vraie expérience de catholicisme. Les amendements présentés pour la première partie de l’Instrumentum Laboris sont nombreux, les pères synodaux sont conscients que toutes leurs observations ne pourront pas être accueillies, mais le défi de l’écoute réciproque a été gagné.

[tiré de radio Vatican du 9/10/2015]

Si vous désirez comprendre le fonctionnement du synode des évêques, cliquez ici.