Les messages de Mgr Blondel

Décembre 2012 - Père Evêque, quelle est votre attitude par rapport à la question du « mariage pour tous ? »

J’ai exprimé très clairement et fermement mon désaccord sur le contenu du projet de loi sur le « mariage entre personnes de même sexe », ceci à maintes reprises depuis l’été. J’ai publié dans « Eglise de Viviers » le texte du Cardinal VINGT TROIS à Lourdes dans lequel je me reconnais complètement. Toutes les paroisses et de nombreuses personnes ont reçu le document de la Commission Episcopale Famille et Société qui est très intéressant et très clair.

Je me suis également exprimé très clairement pour reconnaître et soutenir la responsabilité des catholiques de prendre la parole, de faire des démarches, d’écrire, de rejoindre des manifestations. J’ai été heureux de savoir que nombre de catholiques ardéchois étaient à Lyon.

Le poids politique de cet engagement de beaucoup de catholiques avec d’ailleurs d’autres personnes qui réfléchissent à la société est très grand. Parce que c’est un engagement de citoyens sur une question visant l’organisation de la société, posé avec discernement et liberté. J’estime qu’ il le serait beaucoup moins si on disait que ce sont « les troupes » qui obéissent aux Evêques.

Octobre 2012 - Familles News n°7 - Spécial veillée pour la vie naissante

Devant ce qu’il est convenu d’appeler « problème de société, le mariage pour tous », je crois que l’Eglise Catholique en France dit clairement sa position. Elle le fait pour le bien et le service de notre société et de son avenir. Ceci devant une superficialité et une inconscience stupéfiantes.

Mais nous allons être affrontés à un nouveau défi : dire, vivre, aimer le mariage et la famille nous-mêmes ; en étant encore moins soutenus par les lois et le concert de la pensée médiatique.
Nous allons devoir rendre compte de nos raisons de vivre, de choisir, de durer, de pardonner.

Probablement comprendrons-nous mieux que le mariage n’est pas un coup de cœur (très beau certainement), mais un engagement, une vie, une responsabilité, une histoire, un sacrement. Ceci sans faire la leçon à personne.

Un très vieux texte chrétien, l’épître à Diognète le disait déjà : « Les chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni par le pays ni par le langage… Ils n’habitent pas des villes qui leur soient propres… Ils se conforment aux usages locaux pour les vêtements, la nourriture et le reste de l’existence ; tout en manifestant les lois extraordinaires et souvent paradoxales de leur manière de vivre… Ils se marient comme tout le monde, ils ont des enfants, mais ils n’abandonnent pas leurs nouveaux nés… Le poste que Dieu leur a fixé est si beau qu’il ne leur est pas permis de le déserter ».

La place des mouvements familiaux, la place des équipes de veille sur les questions familiales et sociales dans les paroisses, le simple accueil des nouveaux arrivants, l’invitation pour faire connaissance, pour lier amitié, la préparation au mariage, l’accueil des enfants pour la catéchèse et des aumôneries sont essentiels. Trouveront-ils des personnes pour s’y engager ici chez nous ?

Octobre 2012 - L’Hebdo de l’Ardèche

Nous savons faire jouer le principe de précaution lorsqu’il s’agit de l’exploitation du gaz de schiste ! Attention aux dégâts !

Pourquoi l’oublier en ce qui concerne la transformation proposée du mariage ? Le mariage structure l’humanité. L’histoire des hommes se déroule de génération en génération, c’est-à-dire d’époque en époque, mais aussi de naissances en naissances.

Faire l’impasse sur cette dimension homme-femme-naissance, c’est jouer aux apprentis sorciers. Toucher au mariage est grave et peut faire des dégâts profonds dans la société. Ce n’est pas d’abord une question de morale. Ce n’est pas jeter un discrédit sur les personnes qui désirent un lien autre, mais justement, donnons lui un autre nom. Voilà le premier souci de l’Eglise : le bien de la société.

La première page de la Bible est passionnante. L’homme et la femme sont là "au commencement" (Jésus reprendra ces mots). Ils sont égaux et différents. De la différence jaillit la vie. Si nous ne supportons pas la différence, nous perdons nos repères.