La France commémore le 11 novembre Date de la signature de l’armistice qui mit fin à la Première Guerre mondiale, en 1918

Les fonds de l’action catholique des archives diocésaines nous ont proposé deux extraits de lettres écrites le samedi 11 novembre 1916 et le dimanche 12 novembre 1916. La mémoire vivante de ces journées vécues par des ardéchois engagés dans cette guerre, Pierre Poudevigne, de Loubaresse, et Louis Couvert, de Privas, nous aidera à commémorer cette date du 11 novembre.

" Ici la santé va toujours bien et on est toujours dans la Somme, un peu dans la boue. Mais en le prenant patiemment et en offrant ses peines à Notre Seigneur Jésus Christ, on se résigne facilement à quelques petites souffrances. On n’a pas d’aumônier chez nous mais La Toussaint et la fête des morts on eût l’heureuse occasion d’avoir des troupes de passage bivouaquant à côté de nous alors on eût le bonheur d’entendre la messe ce jour-là et de faire la sainte communion. On ne s’attendait pas à cette joie car on avait déjà déjeuné le jour de la fête de la Toussaint mais l’aumônier des X…. nous accorda la dispense étant sur la ligne de feu. Ah quel plaisir il nous fit en nous autorisant à recevoir une fois de plus celui qui est notre force et notre vie. " (Pierre Poudevigne à Joseph de Montgros, responsable journal Association jeunesse catholique de France en Ardèche 11.11.1916)

" J’ai bien regretté de ne pas être à Privas pour la fête de la Toussaint car je me suis rappelé cette belle fête en temps de paix, ce beau jour où, toute la J.C. privadoise, nous allions nous asseoir à la Table et y recevoir le Pain des Forts et cette pensée-là m’a procuré de la joie et de la peine. De la joie en pensant à tous mes amis qui étaient avec moi là-bas dans cette belle église de Privas et de la peine en pensant que bon nombre de ces amis étaient tombés là-haut dans ce champ de carnage, que maintenant ces amis je ne les reverrai plus ou du moins si je les reverrai je l’espère car Dieu en sa miséricorde aura placé près de lui tous ceux qui sont tombés face à l’ennemi en défendant leur pays. Lorsque mon tour viendra de quitter cette terre de souffrance, j’espère que j’irai à mon tour les rejoindre là-haut … Ma santé est toujours bonne et du courage on en a encore non pas à revendre mais assez pour faire notre devoir. " (Louis Couvert à Joseph de Montgros, responsable journal Association jeunesse catholique de France en Ardèche 12.11.1916)

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