Evangile et Homélie - Noël 2016

Evangile de Jésus Christ selon Saint Luc (2,1-44)

« Aujourd’hui vous est né un Sauveur »

En ces jours là parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre - ce premier recensement eu lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine. Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth, vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem. Il était en effet de la maison et de la lignée de David. Il venait se faire recenser avec Marie, qui lui avait été accordée en mariage et qui était enceinte.
Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli. Et elle mit au monde son fils, premier né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.
Dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leur troupeaux. L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte. Alors l’ange leur dit :« Ne craignait pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire »
Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »

Homélie

Homélie de Noël 2016 (Notes)

Autour de la crèche….

Que de joie autour de la naissance de Jésus…..

Dés l’annonce de sa conception, Marie, la maman de Jésus court chez sa cousine Elisabeth, elle même enceinte du petit Jean-Baptiste, pour lui annoncer la bonne nouvelle : « Le Seigneur a fait en moi de grandes choses ! Toutes les générations me diront bienheureuse ».

Joie d’Elisabeth qui répond à sa cousine : « Lorsque tes paroles ont retenti à mes oreilles, l’enfant que je porte, a tressailli de joie en mon sein. ». Elle ajoute au sujet de Marie : « Heureuse, toi qui as cru aux paroles du Seigneur ».

A sa naissance, les anges annoncent la joyeuse nouvelle à des bergers. Ceux-ci accourent à la crèche. Plus tard les mages viendront aussi voir cet enfant en contre partie de tout l’or du monde et de tout ce qu’il y a de plus précieux sur cette terre.

Mais que se passe-t-il ?
Pourquoi autant de joies ?

Jean d’Ormesson dit bien l’originalité de la foi chrétienne : « Le christianisme m’émerveille. Cette idée selon laquelle Dieu se fait homme est tellement grande et époustouflante, unique. L’homme n’a pas pu trouver tout seul cette idée ».
Jean d’Ormesson ajoute : « Il faut être Dieu pour imaginer l’incarnation, un Dieu qui vient vivre, respirer, aimer, souffrir au cœur de nos faiblesses humaines ».

Jean d’Ormesson répond, de manière indirecte, à la question que nous posent toutes nos illuminations pour Noël, tous nos cadeaux … mais aussi toutes opérations de solidarité, le souci de nous retrouver en famille, avec nos amis, et tous ces vœux que nous échangeons. Il y a là comme une vague de tendresse et d’amour qui touche à toute notre société. Qu’est-ce qui fait le succès de Noël ?

Pourquoi un tel rayonnement de Noël, alors qu’il semble bien difficile de faire une place à Dieu dans notre monde occidental. Le match de foot le dimanche matin a pris la place de la messe et bien d’autres choses encore.
Il n’y a pas de place pour Dieu dans notre monde.
Mais ce n’est pas nouveau. Déjà, lors de la naissance de Jésus, l’évangile de Matthieu et Luc nous dit qu’il n’y avait pas de place pour Jésus à l’hôtellerie.
Et l’évangile de Jean renchérit : « Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu ».

Et pourtant il y a beaucoup de joie autour de Noël.
Beaucoup de joies mais aussi beaucoup de fragilités.
Jésus naît dépendant d’un empereur qui s’autorise à recenser toute la terre, comme si toute la terre n’appartenait pas d’abord à Dieu. Jésus naît au cours d’un voyage. Joseph et Marie quittent Nazareth pour se rendre à Jérusalem. Il n’y a pas de place pour lui à l’hôtellerie.
Des bergers, de pauvres exclus de la société, viennent les premiers auprès de lui. Hérode cherche à le faire mourir. C’est le massacre des innocents. Jésus, avec Joseph et Marie, fuient en Egypte, en exilés, pour échapper à la jalousie et à la colère d’Hérode.
Jusqu’à la croix, Jésus devra subir l’incompréhension, le rejet et la mort.

Et pourtant, nous nous réjouissons de sa naissance. Nous le regardons comme le prince de la paix, de la joie.
Pourquoi un tel rayonnement ?

Je tente une réponse.
Au-delà des divergences d’opinions et de convictions, la fête de Noël, la naissance de Jésus, nous appelle à considérer la valeur unique de chaque être humain, depuis sa conception jusqu’à sa mort.

Si nous avons beaucoup de mal à faire une place à Dieu dans notre vie, lui, a choisi de faire toute place à l’homme qui qu’il soit.

« Le Verbe s’est fait chair », dit l’évangéliste Jean. « Il a planté sa tente parmi nous ».
En cette nuit de Noël, Dieu lui-même vient à la rencontre de l’homme.
Le divin se fait humain et cela dans la plus grande des fragilités, celle d’un bébé, totalement dépendant de tout, dans une précarité extrême.

Et cela change tout dans notre vie.
Çà change notre regard sur les autres. Si Dieu partage notre humanité, cela signifie que chaque vie est précieuse. Que chaque vie participe à la vie de Dieu. .
A Noël, le plus haut se joint au plus bas et le plus bas peut se joindre au plus haut, au Très-Haut. Cela change tout dans notre vie. Il n’y plus le supérieur et le bas de la classe. Il n’y a pas de race supérieure. Il n’y a pas de classe supérieure. Le Très-Haut se fait le très bas. . Le tout-puissant devient le tout-fragile. Il s’associe à celui pour qui il n’y a pas de place dans la société, à celui qui est perdu, marginal, insignifiant. Cela nous comble de joie.

Voilà le mystère de Noël. A notre insu, Noël nous comble de joie.
Notre joie nous souffle qu’à la suite de Jésus nous sommes profondément destinés à nous aimer les uns les autres, comme Lui a su le faire en se faisant entièrement l’un d’entre nous, aussi fragile soit-il !
« Joie au Ciel et Paix sur la terre aux hommes que Dieu aime ».
Jean d’Ormesson a raison : « Oui, vraiment le christianisme m’émerveille ».

Père Gérard Colomb