4ème dimanche de Carême

Évangile de Jésus Christ selon Saint Jean (9,1-41)
En ce temps là, en sortant du Temple, Jésus vit sur son passage un homme aveugle de naissance………
Cet Évangile a été lu par trois lecteurs et le prêtre

Quelques idées à retenir sur l’homélie de l’homme aveugle :
L’aveugle-né

Catéchèse baptismale. Découvrir qui est Jésus ?

Acte créateur, Jésus fait de la boue. Avec de la glaise, il créa l’homme.
Jésus guérit cet homme en lui donnant la vue, non seulement la vue des yeux mais la vue des choses de la foi.

Toute la rencontre de cet homme aveugle avec Jésus et les obstacles qu’il rencontre sont un chemin de foi, un chemin d’adhésion progressive puis plénière au Christ. Qui est Jésus ?
Découvrons l’expérience progressive qu’en fait cet homme aveugle :

Comme pour la samaritaine, cet homme vient à la foi, mais lui à travers un certain nombre d’obstacles :
- suspicion et mépris de la part des scribes et pharisiens.
- Il est malmené et même rejeté de la synagogue.

En fait, nous nous trouvons devant un procès non pas tant de celui de l’homme aveugle et guéri mais le procès de Jésus : Les paroles à l’égard de Jésus sont dures :
-  Jésus ne respecte pas le repos du sabbat, donc il ne peut pas venir de Dieu.
-  Jésus est un signe de contradiction : on est divisé à son sujet.
-  Tout homme qui croit en lui sera exclus de la synagogue.
-  On accuse Jésus d’être un pécheur.

Reconnaître Jésus est pour l’aveugle s’attirer les injures de ceux qui ne croient pas en lui.
Puis cela va même jusqu’à l’expulsion de celui qui croit.

Devant Jésus, chacun doit se positionner : l’aveugle se positionne progressivement par rapport à Jésus, on pourrait dire presque au fur et à mesure qu’il est agressé et rejeté :

1 – A la première question, qui t’a guéri…. La réponse n’engage pas en grand chose : ‘L’homme qu’on appelle Jésus ».

L’homme qu’on appelle Jésus. Avec un constat : il a fait de la boue avec sa salive. IL me l’a appliqués sur les yeux et il n’a dit va te lavez… et j’ai vu.

A la 2ème question : Où est-il ? – L’aveugle répond : « Je n’en sais rien ! »

A la 3ème question : « Et toi que dis-tu ? » . Il y a une progression chez l’homme aveugle, il affirme cet homme est un prophète.

Puis l’aveugle reconnaît que Jésus vient de Dieu : celui qui lui a ouvert les yeux ne peut venir que de Dieu.
Si cet homme ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire.

Et enfin à la question de Jésus, qui le retrouve, et qui lui demande : « Crois-tu au Fils de l’Homme ».
L’homme aveugle est rentré dans la confiance avec Jésus. Il lui demande : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ?

Et Jésus amène cette homme à voir qui IL est : « Tu le vois, et c’est lui qui te parle »

Alors nous assistons à un double geste de reconnaissance de la part de l’aveugle envers Jésus qui lui permet de voir : « Je crois, Seigneur » et ce geste d’adoration : il se prosterne devant lui ».

Alors tombe de la bouche de Jésus, la sentence :

« Je suis venu en ce monde pour rendre un jugement : Que ceux qui ne voient pas puissent voir, et que ceux qui voient deviennent aveugles ».

Une parole qui peut nous surprendre . En fait que s’est-il passé.
L’homme aveugle était inexistant, mendiant, aveugle mais il a vécu la confiance. IL a entendu la parole de Jésus. IL a accepté d’aller se laver, se purifier. IL a eu l’audace de la confiance en affrontant l’incrédulité, la mauvaise foi, le mépris et le rejet. Au final, comme le bon larron sur la croix. Il affirme sa foi en Jésus, fils de Dieu ?

De l’autre côté, il y a le monde de ceux qui croient savoir, qui croient connaître, par héritage, qui ne font confiance qu’en eux-mêmes, en leur connaissance, en leur expérience. Ils sont incapables d’une remise en question. Croyants voir, ils sont aveugles.

Alors que l’aveugle a vu au-delà de lui-même et voyant au-delà de lui-même la lumière s’est installée en lui.
Il voit. Il est capable de reconnaissance.

Reconnaître, n’est-ce pas naître à nouveau ?

Dans la démarche de cet homme aveugle vers la lumière… nous avons toute la démarche baptismale.
Le catéchumène fait confiance, il se met à l’écoute, il résiste et avance… Il devient lui aussi capable de se prosterner devant Jésus et dire : « Je crois, Seigneur ».

Père Gérard Colomb