LE GESTE QUI PARLE… Père Christian Goudard

Mois de juin…
Cœur sacré de Jésus ! J’ai confiance en vous !
Cœur immaculé de Marie ! Priez pour nous !

Ce jeudi 19 mai, Paris, gare de Lyon. Journée de grève nationale des cheminots-SNCF. Beaucoup d’allées et venues autour des quais : des visages crispés scrutant les écrans des départs et arrivées de trains ; des annonces bruyantes pour rassurer ou indiquer les modifications ; des salons d’accueil fourmillant de voyageurs soucieux, inquiets, ou même détendus ! Une foule bigarrée, smartphone ou autres appareils à l’oreille, rassurant l’interlocuteur ou annonçant un retard de train ; des casques audio rivés sur les têtes, déversant des décibels dans des oreilles de tous âges… Bref, une ambiance électrique qui disait que le premier souci n’était pas celui de rencontrer vraiment l’autre…

Sauf que, au cœur de cette foule d’anonymes, cultivant l’anonymat, un authentique éclair de vie et de joie a jailli : deux jeunes adultes, elle et lui, attablés devant leurs consommations… Visiblement ils sont indifférents aux bruits et clameurs qui les entourent. Ils sont là, tout attentifs l’un à l’autre. Ils se parlent par gestes. C’est que, pour se comprendre et vivre pleinement leur échange, ils ont besoin de scruter avec attention le visage de l’autre pour s’assurer que les signes envoyés avec agilité et assurance sont bien reçus et compris : « elle et lui » sont sourds et muets ! Leur nécessaire complicité dans les gestes du dialogue, au milieu
d’une foule un peu perdue, m’ont émerveillé… Alors que tant allaient et venaient
dans une certaine agitation, eux, paisiblement, communiquaient vraiment, longuement, et sans se parler…
Un beau cadeau ! Pouvoir vivre avec l’autre un authentique dialogue, sans parole, peut-être, mais toujours en ayant soin de l’entendre et le comprendre dans ce qu’il me dit pour déposer en retour dans son cœur les mots essentiels. Ceux qui font vivre, ceux qui, simplement, disent quelque chose de vrai. Merci à vous, frère et sœur sourds-muets : vous m’avez laissé deviner que Dieu continue de converser avec chacun et de communiquer avec lui. Sans parole, peut-être… Mais toujours fidèlement, et avec des attentions pleines de délicatesse !