La sexualité est un don de Dieu

"Un chrétien peut-il avoir une vie sexuelle normale ?" Telle est la question entendue lors d’une session de préparation au mariage.

On le sent bien, il y a en filigrane derrière la question toutes les paroles (entendues ou supposées) de l’Église sur la sexualité et on pourrait reformuler la question ainsi : "le plaisir charnel fait-il problème dans l’Église ?"

Les réflexions qui suivent émanent d’un groupe de chrétiens engagés dans la préparation au mariage mais aussi dans une vie conjugale où le langage des corps prend toute sa place.

Convaincus que l’harmonie du couple se vit dans le don total de soi et que celui-ci s’exprime pleinement dans l’union des corps source de plaisir et d’accomplissement de l’union des coeurs. Nous sommes convaincus que la sexualité "don de Dieu" est un des éléments essentiels de l’épanouissement du couple et qu’une sexualité mal vécue ou refoulée, pervertie par l’un des conjoints ou qui ne ferait pas l’objet d’un dialogue dans le couple pourrait devenir source de crise grave pour celui-ci.

Certes, les responsables passés de l’Église portent une responsabilité pour avoir trop longtemps suspecté le plaisir charnel. Oui, il nous semble que le malentendu de la relation charnelle associée exclusivement à la procréation n’a pas été assez tôt dissipé.

Depuis, le concile* Vatican II, puis le synode* des évêques sur la famille de 1980, les paroles et les textes qui parlent de façon positive et claire de la sexualité ne manquent pas, (pas toujours bien relayés par les médias hélas). En voici quelques extraits :

"La sexualité est un don de Dieu. Elle est donc bonne en soi et, utilisée comme Dieu l’entend, elle enrichit et ennoblit. Ce point doit être souligné, de manière à rompre avec la pensée dualiste du passé et aussi de notre époque, qui rabaisse le corps et la sexualité". (D’après l’intervention de Mgr Bernardin archevêque de Cincinnati lors du synode de 1980)

"Le corps humain, par son sexe, par sa masculinité et sa féminité, vu dans le mystère même de la création, est non seulement source de fécondité et de procréation comme dans tout l’ordre naturel, mais contient depuis "l’origine" la capacité d’exprimer l’amour : cet amour dans lequel, précisément, l’homme-personne devient don et - par l’intermédiaire de ce don - réalise le sens même de son essence et de son existence". (D’après l’allocution de Jean-Paul II du 17 janvier 1980)

"Dans la vie conjugale, les relations charnelles sont le signe et l’expression de la communion entre les personnes. Les manifestations de tendresse et le langage du corps expriment le pacte conjugal et représentent le mystère de l’alliance et celui de l’union du Christ et de l’Église". (Message de Jean-Paul II, septembre 96, Sainte-Anne-d’Auray)

Bien sûr, ces quelques extraits ne donnent pas une vue exhaustive du message que l’Église veut proposer aux croyants et au monde.
Et on pourra trouver en matière de morale sexuelle des textes fondateurs comme : "Humanae vitae" de Paul VI (1968) ou "Familiaris consortio" de Jean-Paul II (1980).

Il est impossible de résumer cette morale sexuelle en quelques mots, mais on pourrait, en guise de conclusion dire que si la sexualité ne "fait pas problème" dans l’Église, le "sexe" tel qu’il est étalé dans notre environnement quotidien, rabaissant (selon les propos de Mgr Bernardin) le corps et la sexualité, "fait problème" à l’homme et sa dignité.

* Un concile est une réunion officielle et régulière des évêques autour du pape et portant sur des questions de doctrine de l’Eglise. Le dernier concile, de Vatican II, s’est tenu d’octobre 1962 à décembre 1965.

* Un synode est une assemblée exceptionnelle qui peut être convoquée par un évêque ou le pape sur un sujet plus précis.

Groupe CPM (centre de préparation au mariage) d’ANNONAY