9 Juin 1901 – 9 Juin 2016 : 115° anniversaire de l’ordination sacerdotale de Charles de Foucauld à la Grande Chapelle du Séminaire de Viviers

" « Charles de Foucauld, prêtre … Un aspect de sa vie qu’il ne faut pas oublier … ». Le père de Foucauld a aidé beaucoup de prêtres, tant diocésains que religieux, à être prêtres. Sa spiritualité a été, je crois, au cœur de nos existences. Il nous a « informés » comme le disent les scolastiques. Ceci spécialement, je crois, dans l’immédiat après-guerre et jusqu’au Concile…. Ce fut la spiritualité disponible dans l’Eglise de France, une spiritualité riche, adaptée. Un don de Dieu pour cette période. Chacun a pu y puiser. Spiritualité de présence, spiritualité de rayonnement, spiritualité de sortie de nous-mêmes, spiritualité de contemplation évangélique. Alors, oui, merci à Charles de Foucauld, prêtre, d’avoir permis à de nombreux hommes d’être prêtres. "

Allocution d’Ouverture de Mgr François Blondel, au colloque historique et spirituel Charles de Foucauld, prêtre, Viviers 2001

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D’une lettre inédite de Charles de Foucauld à son cousin Louis de Foucauld, quelque jour avant son ordination sacerdotale :

Notre Dame des Neiges, 30 mai [1901]

Mon Cher Louis,

mon ordination est fixée au dimanche 9 juin, à Viviers ; la première messe au lendemain, à Notre-Dame des Neiges probablement – ce n’est pas absolument certain – Je te rappelle que tu es l’invité perpétuel à Notre-Dame des Neiges… Je n’ose guère te demander d’aller à Viviers où je ne passerai que quelques heures et où tu ne pourras me parler… A Notre-Dame des Neiges, tu pourras me parler, peu la semaine de la première messe, et tant que tu voudras à partir du 16 ou du 17… Je partirai pour les pays musulmans au plus tôt en Août – assez probablement vers la fin d’Août… Si tu viens pour ma première messe, je serai heureux et ému de t’y voir ; si tu viens un peu plus tard, tu auras encore une des premières messes et j’aurai la grande joie de causer avec toi beaucoup plus. En tout cas, j’espère que tu viendras encore, malgré la longueur du voyage, avant mon départ, en ce petit couvent où tu as un cœur qui t’aime si fraternellement… qui sait quand nous nous reverrons ensuite ?
Recommande-moi bien aux prières de ma Cousine, et toi aussi, parle de moi au Bon Dieu qui t’entend comme Il m’a entendu. Donne-moi des nouvelles de la santé de ma Cousine… Je prie bien pour elle, ainsi que pour Armand et pour mon Filleul et pour toi que j’aime de tout mon cœur en Jésus.

+ fr. Ch.

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D’une lettre inédite à Mgr Fréderic Bonnet, Evêque de Viviers, quelque année après son ordination : Charles a quitté Beni Abbes et il est en train de descendre vers le sud, vers Tamanrasset :

Adrar (Oasis sahariennes par Beni-Ounif)
28 mai 1904

Monseigneur,

Voici longtemps que votre indigne enfant n’est venu se mettre à vos pieds. Depuis le 16 janvier, je suis sur les chemins, moine missionnaire ; une visite était nécessaire chez les indigènes du Sud nouvellement soumis, aucun autre prêtre ne pouvait la faire cette année, j’ai demandé la permission de la faire, elle m’a été accordée et me voici en route depuis plus de quatre mois et pour trois ou quatre mois encore probablement.
Mon cœur, ma pensée, ma pauvre prière ne vous quittent pas ; le voyage ne m’empêche pas de célébrer la Sainte Messe, et chaque matin, en offrant et adorant la divine victime, je La supplie de répandre Ses meilleures grâces sur mon bien aimé Evêque et sur ce cher diocèse de Viviers qui a daigné m’adopter.
Dans mes courses parmi les indigènes, je suis parfois longtemps sans nouvelles de France ; en ce moment il y a plus de deux mois que je n’en ai reçu. La pensée que JESUS a peut-être permis que vous, votre diocèse, Notre-Dame des Neiges, ayez été éprouvés par de nouvelles croix que j’ignore, me fait prier pour vous avec plus d’instance et d’émotion. De mon mieux je supplie pour vous le COEUR DE JESUS.
La fête et le mois du Sacré COEUR, la fête-Dieu anniversaire de mon ordination, me rendent votre souvenir encore plus présent que de coutume ; je ne puis exprimer quelle reconnaissance remplit mon cœur ; reconnaissance envers vous, qui avez fait un prêtre de moi si indigne et si misérable.
J’ose vous supplier de mettre le comble à vos bienfaits en priant pour que je sois fidèle, la moisson est si grande ! je suis en ce moment le seul ouvrier dans ce vaste champ ? et je suis un si mauvais ouvrier ! Je vous supplie de prier JESUS pour moi et pour tous ces pauvres indigènes du Maroc et du Sahara qui sont hélas ensevelis dans l’ombre de la mort ! COR JESU Sacratissimum adveniat Regnum Tuum !
Le cœur plein de la reconnaissance la plus émue et d’une vénération filiale, je me mets à vos pieds, Monseigneur, en suppliant Votre Grandeur d’accorder Sa bénédiction à
Votre très humble et très obéissant serviteur et fils dévoué de tout son cœur dans le COEUR Sacré de JESUS.

fr. Charles de Jésus