Notre Dame d’Ay

Le Sanctuaire de Notre-Dame d’Ay est situé sur la commune de Saint-Romain d’Ay, à 14 kilomètres au sud d’Annonay.

Le site qui surplombe la rivière, enserre les vieux bâtiments du château et la chapelle du sanctuaire.

Aux débuts du christianisme, vers le IV ème ou le V ème siècle, la piété chrétienne se serait manifestée sur le site à la place de la piété paienne.

En 1184, un document confirme le fait que la Chapelle d’Ay dépend de l’abbaye bénédictine de Saint-Claude (Jura). Il est probable que la fondation religieuse a précédé la construction des trois donjons qui constituaient le château-fort d’Ay, peu à peu cerné par un solide rempart.

Le fier château prit au fil des années de l’importance et devint le siège d’un Mandement, petit canton avant la lettre.
La seule terre d’Ay passa entre les mains de nombreux propriétaires avant de devenir à partir de 1805 une histoire de famille, riche en héritages et partages successifs jusqu’à l’époque actuelle.

L’origine du pèlerinage remonte à une légende populaire. La plupart des auteurs s’accordent à dire que le sanctuaire était dès le XI ème siècle, l’objet de processions régulières. Peu de traces écrites nous sont parvenues quant aux pèlerinages des siècles suivants. Au cours des guerres de religion, le monastère et la chapelle auraient brûlé (vers 1570 ?).

Restaurés ou totalement reconstruits, les bâtiments religieux eurent le privilège de recevoir plusieurs visites d’un jeune étudiant Jésuite, alors inconnu, Jean-François Régis (1620-1624).

- A voir : Un vitrail de la chapelle montre le futur Saint au pied de la Vierge Noire.

Au cours du même XVII ème siècle, débutèrent les processions des paroisses du plateau d’Annonay qui tour à tour venaient demander la cessation des épidémies ou des fléaux naturels.

A la révolution de 1789, la chapelle serait devenue un bien national si un inconnu, Antoine Farigoules, ne l’avait achetée avec les petits terrains qui en relevaient, s’il n’avait mis en lieu sûr le mobilier et les objets sacrés et s’il n’avait pas établi sa résidence dans la chapelle.
Il réalisa l’agrandissement de la chapelle initiale, orientée nord-sud (actuelle chapelle Saint-Joseph) et orienta le nouveau lieu de culte d’ouest en est et construisit un clocher.

Le bâtiment fut vendu le 19 avril 1797 à l’abbé Joseph Laurent, qui desservit la chapelle pendant douze ans, devenant son premier chapelain, en l’absence de toute nomination épiscopale. A sa mort, la chapelle revint à la fabrique paroissiale. Malgré ces années troubles, elle put grâce à quelques humbles fidèles et à un modeste prêtre, être sauvegardée et rester un lieu de culte catholique.

En 1805, le château d’Ay passa aux mains de Madame de Larochette, qui le 15 août 1831 décida d’entreprendre la restauration, l’agrandissement et l’embellissement du sanctuaire de Notre-Dame d’Ay.
Les travaux s’étalèrent sur trois années : élévation des murs, création de la voûte actuelle, construction du chœur et du clocher actuel tels que nous les connaissons, encadrement de la grande porte par un frontispice.

La bénédiction du nouveau lieu de culte fut donnée le 24 mai 1835 par Mgr Bonnel, évêque de Viviers.
Il confia le pèlerinage et le sanctuaire aux Pères de la Compagnie de Jésus, au moment même où ils venaient d’être constitués gardiens de leur illustre ancien à Lalouvesc, Saint Jean-François Régis.

D’éminents personnages vinrent se recueillir au près le la Vierge Noire : le Général de la Compagnie de Jésus en 1848, le Cardinal de Bonald ( Primat des Gaules), Mgr Guibert ( Futur Archevêque de Paris), Thérèse Couderc en 1837-1838 et Teilhard de Chardin en 1900.

Le 30 juin 1880, en raison de la persécution religieuse, les Pères Jésuites furent expulsés et les scellés posés sur les portes de la chapelle jusque dans le courant de 1883. Le pèlerinage disparut de lui-même puis réapparut jusqu’à une nouvelle alerte en 1903. Le même scénario se déroula, mais pendant peu de temps grâce à la ferme intervention du propriétaire du château du Plantier, Henri de Pontmartin.

Le 3 mai 1890, à l’instigation de Mgr Bonnet, évêque de Viviers et sur ordre du Pape Léon XIII, une Vierge en fonte de 5 mètres de hauteur fut placée sur la tour crénelée du clocher. Le couronnement eu lieu 20 juillet en présence de 40 000 fidèles et 11 prélats : la Vierge d’Ay devint la Reine du Haut-Vivarais .

Entre les deux dernières guerres fut créé le Chemin de Croix de 450 mètres de long, tracé sur les pentes rocheuses entourant le sanctuaire et le château, permettant aux fidèles de mieux vivre leur pèlerinage.

Actuellement et malgré le départ des Pères Jésuites en 1952, le pèlerinage de Notre-Dame d’Ay, vieux de près de mille ans, se porte bien !

Il est généralement admis q’une Vierge Noire initiale aurait été rapportée de Syrie à Ay au moment des croisades, peut-être par Odon de Tournon qui participa à la troisième (1189-1192). C’est ainsi que la madone de Notre Dame d’Ay serait plus ancienne que les Vierges Noires de Fourvière à Lyon et du Puy (1254), même si leur provenance est identique.

Aucune description de cette statue du XII ème siècle n’est parvenue jusqu’à nous. Il est logique de penser qu ’elle a disparu lors des Guerres de Religion (vers 1570-1575).

Il est très probable que la Vierge que nous admirons aujourd’hui soit due à la générosité de la puissante famille de Tournon. On peut imaginer que la nouvelle statue ait été sculptée et exposée à la fin du XVI ème siècle ou au début du VII ème siècle. Heureusement, elle fut épargnée à la Révolution.
En 1835, la statue fut envoyée quelques mois en réparation à Lyon puis réinstallée, le 7 septembre 1836.
Il s’agit d’une statue en bois de chêne, haute de 75 centimètres. La Vierge porte une robe aux plis blancs et un riche manteau doublé de bleu et bordé de dessins rouges . L’Enfant Jésus est tenu sur le genou gauche de sa mère et porte un globe dans sa main gauche et bénit les fidèles de la main droite.
Les cheveux sont dorés alors que les visages et les mains sont noirs.
Lors des pèlerinages et des cérémonies importantes, un large manteau blanc rehaussé de riches motifs dorés, recouvre les épaules des deux personnages, alors couronnés.

Aujourd’hui, le sanctuaire et les anciennes demeures seigneuriales sont la propriété de l’Evêché de Viviers. Le Curé desservant Saint-Romain d’Ay porte le titre de Chapelain de Notre-Dame d’Ay depuis 1954.

Le 19 juillet 1968 : arrêté de classement parmi les Monuments Historiques de la Statue de la Vierge.
Novembre 1982 : déclaration à la sous-préfecture de Tournon de l’Association régie par la Loi de 1901 : « Association des Amis de Notre-Dame d’Ay ».

Les 21 et 22 juillet 1990 : 5 000 pèlerins fêtent le centenaire du couronnement de la Vierge en présence du Nonce apostolique et de Mgr Hermil, évêque de Viviers.
Le 28 avril 1996 : inauguration de la chapelle restaurée.

Avril 2005 : fin des travaux d’aménagement du « Donjon » destiné à accueillir des expositions.

Cet article a été écrit grâce à la brochure « Notre-Dame d’Ay, hier et aujourd’hui » de Michel Faure - 2ème édition 1996 - Imprimerie Beau’Lieu - 6 place Fernand Rey - 69001 Lyon - Tél. : 04 78 30 43 19

Processions mariales

Le soir du 14 août et du 7 septembre

Grands pèlerinages

le 15 août, le 8 septembre et le 8 décembre

Expositions dans le donjon rénové

- Possibilité d’accueil de groupes à la journée (téléphoner au sanctuaire)

P.-S.

Pour tout renseignement, adressez-vous à :

Sanctuaire de Notre-Dame d’Ay - 07290 SAINT ROMAIN D’AY
Tél. : 04 75 34 58 04
http://www.notredameday.fr/