Orientations pour la célébration des funérailles chrétiennes

En septembre 2003, je publiais un « Document d’orientation pour la pastorale des funérailles ». Les évolutions de la réalité pastorale et du ministère ordonné dans le diocèse m’amènent à compléter et à préciser aujourd’hui ces orientations, en vue d’un meilleur service de la vie des hommes. On se réfèrera désormais à ce nouveau texte.

« Pour les funérailles : dans chaque paroisse et communauté locale on constituera des équipes d’accueil et d’accompagnement des personnes en deuil. Les membres de ces équipes suivront la formation proposée dans le diocèse et participeront effectivement à la célébration selon une mission qui leur sera confiée par l’évêque. En même temps sera mise en route dans le diocèse une réflexion sur le lien entre obsèques et eucharistie. » Projet pastoral diocésain “Invités et serviteurs” p. 41

A la question posée à la page 48 d’“Invités et serviteurs”, on peut donner une réponse affirmative : oui la pastorale des funérailles progresse. Plusieurs centaines de personnes ont déjà pu suivre un cycle de formation de 6 journées échelonnées sur 2 années, ce qui montre le sérieux apporté à la démarche qui se continue d’ailleurs par des propositions de relecture. Le cycle de formation est à nouveau proposé et je souhaite que beaucoup puissent en bénéficier.

1. Les équipes au service de la pastorale des funérailles

1.1. Dans beaucoup de paroisses, on souligne la valeur et le témoignage ecclésial que donne l’intervention d’une équipe à l’un ou plusieurs des moments de la démarche d’accompagnement du deuil (visite et préparation, célébration à l’église, accompagnement au cimetière…)
L’équipe comprend prêtres et laïcs (il ne s’agit pas de laïcs qui remplaceraient les prêtres), ainsi le signe est donné que c’est la communauté chrétienne qui accompagne un de ses membres qui vient de mourir, sa famille et ses proches.
Les prêtres, les diacres, les familles frappées par le deuil et les membres de la communauté chrétienne participant aux célébrations expriment en plusieurs endroits le « plus » apporté, tant aux relations, qu’à la connaissance mutuelle, au partage de la peine, et à la qualité de la prière.

1.2. Les laïcs associés aux prêtres et aux diacres dans la célébration des obsèques sont appelés officiellement par le curé et les prêtres chargés de la paroisse, après consultation de l’Équipe d’animation paroissiale. La liste des ces personnes est connue dans la paroisse.

Il convient que ces équipes chargées de l’accompagnement des funérailles soient bien identifiées, ceci par une reconnaissance faite au cours d’une célébration dominicale et la publication de leurs noms. Il serait souhaitable que chaque communauté locale possède une telle équipe dont les membres appartiennent à différentes communes (ou quartiers), ce qui facilite connaissances et relations.
On veillera à ce que les membres (prêtres, diacres et laïcs) se réunissent régulièrement pour relire leur pratique, approfondir leur foi. Ils auront le souci du renouvellement de l’équipe et de la formation, initiale et continue, en participant à ce qui est proposé dans le diocèse.

2. Le « projet paroissial pour la célébration des funérailles »

L’expérience acquise tant au niveau de la formation que par la participation effective des laïcs aux célébrations de funérailles me conduit à souhaiter que dans chaque paroisse soit maintenant élaboré un « projet paroissial pour la célébration des funérailles ».

Les repères de la pastorale des funérailles sont fixés au plan diocésain, en fonction du droit et de la liturgie de l’Église. Mais ils doivent être adaptés à la situation de chaque paroisse : nombre de prêtres, fréquence des obsèques, distance entre les différentes communautés locales, présence de diacres disponibles…et aussi indication de ce qui est mis en place comme organisation : personnes à appeler lorsqu’il y a un deuil, répartition éventuelle des jours de célébration entre prêtres, diacres, laïcs … Ce « projet paroissial pour la célébration des funérailles » sera élaboré en Équipe d’animation paroissiale avec l’avis du Conseil pastoral paroissial et des Équipes relais des communautés locales et sera présenté au vicaire épiscopal. Ensuite il sera communiqué aux paroissiens et revu régulièrement.

3. C’est le mystère pascal du Christ que l’Église célèbre…

3.1. « C’est le mystère pascal du Christ que l’Église célèbre, avec foi, dans les funérailles de ses enfants » dit le rituel au début des notes pastorales.

Outre la visite et la prière à la maison, et la prière au cimetière, pour les funérailles de chacun de ses enfants, l’Église célèbre avec foi le mystère pascal du Christ par deux prières qui sont les mêmes pour tous : les textes du rituel prévu pour les funérailles et la liturgie de la messe. Ceci, soit au cours du même temps de célébration, soit en deux temps séparés, la messe étant célébrée quelques jours après les obsèques.

3.2. Lorsque le prêtre préside les obsèques, célèbre-t-il oui ou non l’eucharistie ?

Les notes du rituel de 1972 prévoyaient déjà que « la décision de célébrer ou non la messe le jour même des obsèques sera prise en accord avec la famille. Cette décision implique normalement que la famille ou une part importante de l’assemblée soit apte à participer activement à la messe, en particulier par la communion. »

Il faut donc rappeler que la décision est prise avec la famille, au cours de la préparation, en tenant compte de deux facteurs importants :

D’une part, l’eucharistie convient lorsque le défunt la vivait habituellement, ainsi qu’une partie de ses proches.

D’autre part, le prêtre ne célèbrera qu’exceptionnellement deux messes le même jour, et il ne supprimera pas à cause d’obsèques une messe paroissiale annoncée, spécialement les samedis.

Ceci étant dit, il est tout à fait normal qu’un prêtre puisse présider une célébration de funérailles, sans pour autant que la messe soit célébréÉe.

C’est aussi bien sûr le cas prévu par le rituel d’une célébration présidée par un diacre.

3.3. La liturgie des funérailles doit être particulièrement soignée. Les paroles d’accueil et l’évocation de la vie du défunt seront prononcées avec discrétion mais vérité. La qualité des lectures liturgiques manifestera qu’elles sont annonce de l’Évangile et de la Résurrection. La préparation du commentaire de ces lectures, le choix des oraisons et des intentions, la qualité des symboles et des gestes (fleurs, lumière, aspersion, encens…) ainsi que des chants et de la musique contribueront à la dignité de la célébration et à la participation consciente et active de l’assemblée.
On saura prendre son temps, garder des moments de silence, faire intervenir plusieurs personnes et on soignera les attitudes et les déplacements.

Pour respecter le caractère liturgique de la prière de l’Église, on placera habituellement au début après l’accueil, sinon avant la prière du dernier adieu, tel texte poétique ou tel témoignage civil.

4. La célébration en l’absence de prêtre

4.1. Dans la situation actuelle, de plus en plus, ce sont des membres laïcs de l’équipe qui, en étroite collaboration avec les prêtres, ont une part importante dans la préparation de la célébration et assurent la prière au cimetière.

4.2. Au moment où le nombre de prêtres est en diminution, il peut arriver que le ou les prêtre(s) de la paroisse ne puisse (nt) pas être libre (s) au moment que souhaite la famille. Ceci pour des raisons précises dont les prêtres sont juges : le repos et les congés du ou des prêtres, leur formation et les réunions diocésaines, une activité paroissiale, diocésaine ou autre dans laquelle ils ont une responsabilité.

4.3. Sauf cas de force majeure, la famille sera informée aussitôt que possible et on lui proposera soit de changer la date ou l’horaire souhaité, soit que la célébration des funérailles puisse être conduite par les membres de l’équipe dûment mandatée, ce qui n’empêchera pas une visite du prêtre et la célébration de l’eucharistie présidée par lui quelque temps après.

4.4. En l’absence de prêtre ou de diacre, ce sont donc des laïcs de l’équipe qui conduiront la prière de l’Église. Ce sont des personnes expressément mandatées par le vicaire épiscopal, sur proposition unanime de l’Équipe d’animation paroissiale. Il ne s’agit pas de toutes les personnes de l’équipe : seules deux ou trois d’entre elles seront désignées dans chaque paroisse ; leurs noms seront connus et elles pourront faire état de ce mandat lors de la célébration ; c’est une responsabilité paroissiale. Ces laïcs ne président pas la célébration mais la conduisent. Et, afin que l’on ne puisse pas dire « il ou elle remplace le prêtre », ils n’interviendront jamais seuls, mais si possible avec au moins une ou (mieux) deux autres personnes de l’équipe.

4.5. C’est au prêtre ou/et à l’équipe qu’il appartient dans certains cas de chercher un prêtre en dehors de la paroisse. Dans l e « projet paroissial pour la célébration des funérailles » l’Équipe d’animation paroissiale fixera les modalités qu’elle entend employer pour demander à des prêtres ou diacres extérieurs à la paroisse de venir présider les obsèques. On ne refusera jamais qu’un prêtre membre de la famille, célèbre les obsèques ; à ce moment-là, c’est à lui de voir avec la famille s’il y a messe ou non.

5. Qui décide ?

Les décisions - horaire, église choisie, célébration au cours de l’eucharistie ou dédoublement des deux temps, prière au cimetière, présence du prêtre ou de l’équipe sans le prêtre…- doivent être prises en dialogue entre la famille et les chrétiens responsables (prêtre de la paroisse ou/et équipe). Les organismes de pompes funèbres, à part les contraintes de leur planning, n’ont pas compétence en ce domaine.

La prière en union avec les défunts et pour eux, est une marque de la foi à la résurrection des morts et à la vie éternelle. Elle n’est pas cantonnée au jour propre du deuil, mais elle s’exprime spécialement le 2 novembre, et aussi tout au long de l’année par la prière personnelle et en unissant les défunts à la célébration de l’eucharistie.

Mgr François BLONDEL, 12 avril 2005