Monseigneur HERMIL : 27 ans d’épiscopat en Ardèche

Impossible de résumer 27 ans d’épiscopat. Seulement quelques traits de cette figure qui a marqué le diocèse de l’Ardèche.

Sa devise : « Et nous avons cru à l’amour »

Oui un bon pasteur, un pasteur plein de sollicitude comme cela a été rappelé lors de ses 40 ans d’épiscopat à Viviers le 27 juin 2003. Sa devise n’était que très peu connue. Il n’en parlait pas lui-même. Sauf quand il a voulu l’expliquer.

C’était un homme bon, qui aimait l’humanité de chacun.

Il aimait parler de la pastorale comme du travail du jardinier qui travaille mais qui attend patiemment que ça pousse. Il refusait de brusquer les évènements et les personnes.

Un pasteur proche de la vie des hommes et passionné par la rencontre des hommes et par l’évangile. Il a labouré le diocèse et sillonné toutes les routes. Une nouvelle génération d’évêque qui a usé des pneus et des voitures sur les routes et tard dans la nuit.

IL reconnaissait très vite celles et ceux qu’il avait déjà rencontré, parce qu’il faisait attention à eux. Les prêtres en premier bien sûr, se rappelant des évènements familiaux de chacun et demandant des nouvelles à chaque rencontre. Il se souvenait aussi de ses rencontres avec les chrétiens et avait cette familiarité de l’ami qu’il fait bon rencontré.

Un évêque soucieux de la communion des chrétiens entre eux et avec lui. Cette volonté s’est illustrée par exemple au niveau des mouvements d’action catholiques par la mise en place d’un comité de liaison entre mouvements pour que les militants des différents mouvements puissent se rencontrer, partager et se comprendre.

On peut parler aussi de la mise en place de lieux de partage et de réflexion sur la vie des hommes et l’exigence évangélique : mission ouvrière, pastorale rurale, la rencontre des aumôniers de mouvement.

Un évêque soucieux de la coresponsabilité. A son retour du concile, et comme l’avait demandé ce même concile, il met rapidement en place le Conseil presbytéral, conseil des prêtres pour traiter les questions pastorales du diocèse. Ensuite ça va être toute une série de commission de prêtres et de laïcs qui vont voir le jour et à tous les niveaux du diocèse. Ce sont les conseils économiques et les conseils paroissiaux au niveau des paroisses. Ce sont les commissions d’actions catholiques par milieux de vie. C’est la commission sur les animateurs laïcs en pastorale où notre diocèse a été précurseur sur la région.

Soucieux de justice : péréquation entre les paroisses, péréquation entre les prêtre. Il était angoissé par la situation de certains prêtres dans des secteurs plus pauvres ou à cause de condition particulière. Parce qu’il ne voulait plus que certains soient pénalisés dans leur conditions de vie matérielle, il a su s’appuyer sur l’initiative de partage de certains prêtre pour généraliser à tout le diocèse l’égalité des revenus entre prêtres, quelles que soient les fonctions et l’age. Cette même solidarité il l’a voulu entre les paroisses.

Le Père Hermil a contribué à la transformation du diocèse par la mise en place des secteurs, des différents conseils dans les paroisses.

Ces premiers secteurs préfiguraient les ensembles inter paroissiaux et bientôt les nouvelles paroisses qui ont été mises en place par ses successeurs.

Le Père Hermil, une méthode inductive : on consulte, on expérimente et on légifère après. Il savait et rappelait tout le temps qu’on ne passait pas en s’imposant. Non pas qu’il ne savait où il voulait aller mais il pensait qu’il fallait une adhésion du plus grand nombre.

Audacieux : échange avec le maire de Viviers. La mairie devient évêché et l’évêché devient Mairie.
Déjà au moment de sa nomination à Viviers en 1966, les deux Vicaires Généraux de l’époque, les Pères Boissy et Breysse étaient allés le voir en lui disant que l’immeuble épiscopal était beaucoup trop grand, mal entretenu et très coûteux. Il n’a pas voulu faire quoi que ce soit en arrivant. Mais quelques années avant sa retraite il a voulu prendre une décision pour ne pas laisser cette situation à ses successeurs.

Que faire ? Déménager à Privas ? Construire un immeuble neuf ? Compte tenu de demandes de la mairie, trop à l’étroit dans son immeuble, après de multiples consultations, et en particulier de la commission des affaires économiques, la décision à été prise de faire un échange avec la mairie, Viviers restant ainsi Cité épiscopale, et la question immobilière étant réglée sans frais.