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La reboule


FEUILLE DE ROUTE

SEPTEMBRE 2010

« LA REBOULE »

Nos amis jeunes agriculteurs de Saint Eulalie ont souhaité que la « reboule » des fenaisons prenne une dimension de Foi. La Messe du 8 août au village les a rassemblés. Une chorale venue des Alpes de Haute Provence a soutenu la prière de la communauté. Ci-dessous, nous reproduisons l’homélie prononcée au cours de cette Messe d’action de grâce.

LA REBOULE, c’est s’arrêter pour reconnaître tous les efforts fournis pour mener à bien le temps des fenaisons. On n’a pas ménagé son temps et sa peine. Ca n’a pas été toujours facile. On a parfois peu dormi la nuit. La vie de famille a peut-être pâti un peu de ces travaux. Mais au bout de la fatigue, il y a la joie du travail accompli. Et c’est une belle joie.

Et Dieu se réjouit de voir que l’homme est capable de se donner à fond dans ce qu’il entreprend. Il ne s’agit pas d’aller au-delà du possible. Il s’agit de voir jusqu’où on peut aller. Pas plus, pas moins.

LA REBOULE, c’est pouvoir, maintenant, goûter un peu de tranquillité du corps et de l’esprit. C’est un peu le temps du repos. Le temps de penser à autre chose. Le temps de penser aux provisions de bois à faire pour les prochains mois d’hiver. Et puis, ce temps de repos du corps et de l’esprit ne fait pas oublier le travail habituel de chaque jour, à l’étable ou ailleurs.

Et Dieu se réjouit quand il voit l’homme prendre un peu de repos, un peu de recul dans ce qu’il vit. C’est bien une vraie nécessité que de s’asseoir pour regarder ce qu’on a fait. Comme Dieu avait fait après avoir créé la terre et l’homme. C’est bien une nécessité de s’arrêter un peu pour dire merci à Dieu qui a donné à l’agriculteur la récolte avec les moyens physiques et techniques pour l’engranger.

LA REBOULE, c’est déjà, quelque part dans la tête, le souci des prochains gros travaux. On y est arrivé cette année ; on y arrivera à l’avenir. On s’aura s’entr’aider, s’il le faut.

Et Dieu se réjouit de voir que l’homme pense à l’avenir et le regarde avec confiance, même si les difficultés professionnelles ou autres ne manquent pas. Celui qui s’enferme sur le passé ne construit pas grand-chose. L’avenir appartient à ceux qui savent que si demain ne sera pas plus facile qu’aujourd’hui, il n’empêche pas une lueur d’espérance de briller dans le coeur, qui donne le désir d’aller plus loin et de se remettre à l’ouvrage.

AMI PAYSAN, repose-toi un peu après les efforts que tu as fournis. Tu l’as bien mérité. Dis merci à Dieu pour ce qu’Il t’a donné. Et tout en pensant à demain, veille bien aujourd’hui sur le troupeau que tu vas nourrir du travail de la nature et de tes mains. Veille d’abord sur ta famille : c’est pour elle que tu as peiné. C’est pour elle que tu travailles. Parce que tu l’aimes.

C. G.




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