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Le Père Charles de Foucauld


Un prêtre du Diocèse de Viviers

Charles de Foucauld a été ordonné prêtre dans la chapelle du Grand Séminaire de Viviers, après avoir passé un an à la Trappe de Notre Dame des Neiges. Ainsi, il a été prêtre du diocèse de Viviers et rattaché à notre diocèse jusqu’à sa mort.

Charles de Foucauld, officier français né à Strasbourg, indiscipliné et fortuné, devenu ermite au Sahara, est un personnage aux multiples facettes. Explorateur infatigable du Maghreb, scientifique passionné du patrimoine des Touaregs, le vicomte de Foucauld est devenu l’une des plus grandes figures spirituelles du 20ème siècle. Mais il est aussi le symbole du dialogue entre chrétiens et musulmans et évoque le souvenir de l’histoire de l’Algérie française.

Conversion

Rien ne semblait prédisposer cet aristocrate fortuné à troquer un jour son costume d’officier pour une humble robe de moine. Il se détourne de la foi dès l’âge de 16 ans. Formé à Saint-Cyr, le jeune sous-lieutenant découvre le désert algérien après avoir mené une vie dissolue en garnison.

Fasciné, il démissionne de l’armée pour explorer le Maroc (1883-1884). De retour à Paris, il fait la connaissance de l’abbé Huvelin, vicaire à Saint-Augustin, et se convertit en octobre 1886. Pèlerin en Terre Sainte (1888-1889), il entre l’année suivante à la Trappe, puis rejoint le monastère de Notre-Dame-du-Sacré-Cœur d’Akbès, en Syrie. Mais sa vocation est ailleurs : dispensé de ses vœux, il se fait domestique des clarisses à Nazareth pendant trois ans.

De retour en France, il est enfin ordonné prêtre à l’âge de 43 ans, en 1901 dans la chapelle du grand séminaire de Viviers. Il part alors pour le sud algérien.

En 1905, il pose les bases d’une nouvelle fraternité à Tamanrasset où son ermitage est ouvert à tous, chrétiens et musulmans. Il consacre une grande partie de son temps à l’étude de la langue et des mœurs des Touaregs dont il partage l’existence. Il soigne les malades, accueille les démunis, lutte contre l’esclavage des colons français.

Il retourne à trois reprises en France, de 1909 à 1913, pour présenter son projet d’association de laïcs pour la conversion des infidèles, regroupant prêtres, religieux et laïcs.

Il meurt en 1916 d’un coup de feu tiré par des Touaregs dissidents, les Senousistes de Lybie, venus le capturer. Dans la Première Guerre mondiale, "le marabout chrétien" était un homme stratégique, car très respecté par les Touaregs, il garantissait la stabilité de ce peuple dans le conflit.

"C’est une mort violente, un accident de guerre", explique-t-on au Vatican. Il n’est donc pas question que Charles de Foucauld soit fait martyr de l’Eglise catholique. Il n’a pas été assassiné par "haine de la foi".

Un pionnier du dialogue inter-religieux

Le 6 mai 2001, Jean-Paul II, visitant la mosquée de Damas, grande première dans l’histoire des relations islamo-chrétiennes, plaça le dialogue inter-religieux entre musulmans et chrétiens sous les auspices de Charles de Foucauld et de son ami Louis Massignon.

Pour Mgr Claude Rault, père blanc et tout nouvel évêque de Laghouat, diocèse où est mort Charles de Foucauld, la vocation et la spiritualité de l’ermite sont marquées par l’islam. "Ce sont les musulmans qui l’ont ramené à Dieu", explique-t-il. "C’est en les voyant prier que lui, l’incroyant, est revenu à la foi de son enfance. Le cœur de Charles de Foucauld appartient plus au monde, qu’à la France", insiste « l’évêque des sables »

"Il est possible que certains commentateurs et que certains musulmans ne comprennent pas la sainteté d’un tel homme. C’est l’occasion pour nous de faire comprendre pourquoi cet homme est allé si loin. Il voulait aller vers l’autre", poursuit Mgr Rault.

Mgr Teissier, l’archevêque d’Alger, partage ce sentiment. "La spiritualité de Charles de Foucauld, qui s’incarne aujourd’hui dans les congrégations et associations de vie spirituelle constituées autour de son héritage, est une présence importante pour les relations entre chrétiens et musulmans".

"Des contestations pourraient avoir lieu ; le père de Foucauld a vécu dans une autre période de l’histoire de l’Algérie. Il n’aurait pas pu se rendre à cette époque à Tamanrasset sans l’armée française. Les positions du père de Foucauld ont pu être tributaires de son temps dans sa façon de voir l’Islam et la présence de l’Eglise dans le monde. Tout ceci a été transformé par son amitié avec les musulmans. Si le père de Foucauld est arrivé dans une position de conquérant, ensuite il a été transformé par la rencontre d’autres cultures", juge Mgr Teissier.

"Ce qui démontre son respect profond pour le peuple touareg et ce sont ses travaux ethnologiques, ses recueils de poésies et son dictionnaire de Touareg qui font toujours référence", poursuit l’archevêque d’Alger. En 1915, Charles de Foucauld achevait un dictionnaire de Touareg-Français de plus de 2000 pages.

Un long chemin vers la béatification

Le postulateur de la cause en béatification de Charles de Foucauld, Mgr Maurice Bouvier, explique que la Seconde Guerre mondiale puis la guerre d’indépendance de l’Algérie ont été les deux principales causes rendant "peu opportune la béatification d’un prêtre qui avait été officier de l’armée française, avant sa conversion".

C’est pourquoi la cause, ouverte en 1927, a été ralentie de 1939 à 1945, puis quasiment stoppée en 1956. L’étude a finalement repris en 1967, lorsque le pape Paul VI a rendu hommage aux efforts du père de Foucauld pour sauver la culture touareg, alors que le gouvernement algérien semblait enclin à étouffer les minorités du pays.

L’examen des écrits de Charles de Foucauld s’est achevé en 1968, permettant de répondre à toutes les critiques qu’avaient formulées les censeurs théologiens. Si, en 1947, le procès diocésain est clos et déposé au Saint-Siège, c’est en 1978 que le procès passe directement sous l’autorité de la Congrégation pour la cause des saints. Le procès romain s’achève en 1995. Le 24 avril 2001, le décret reconnaissant les vertus héroïques de Charles de Foucauld est promulgué. Il ne manquait plus que la reconnaissance d’un miracle nécessaire à toute béatification.

En 1984, Giovanna Citeri Pulici, une Italienne de la région de Milan actuellement âgée d’une soixantaine d’années, est guérie d’un cancer des os par son intercession. Son mari, Giovanni Pulici, entraîne en effet ses deux sœurs religieuses, ainsi que le curé de sa paroisse, à prier avec lui le père de Foucauld, dont il est dévot, même si ce dernier n’est pas encore vénérable.

Ce n’est qu’à la fin de l’an 2000 qu’il apprend que les responsables de la cause recherchent un miracle. L’enquête diocésaine commence à Milan en automne 2002, et prend fin au printemps 2003. A Rome, la commission médicale donne son aval au miracle en juillet 2004, après une étude approfondie, suivie le 27 octobre par la Commission théologique en charge du dossier.

En janvier, les "amis spirituels" de Charles de Foucauld, se sont réunis pour préparer cette cérémonie et appeler les fidèles à faire des dons pour la financer.

Le postulateur de la cause comme le nouvel évêque de Laghouat souhaitent qu’il soit porté à la gloire des autels avec d’autres personnes, pour ne pas "le mettre en vedette".

La date de la cérémonie de béatification a été fixée par le Pape Benoît XVI au dimanche 13 novembre 2005 à Rome.




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