Près de 100 personnes ont pris la parole le 9 mars

PRENONS LE PARTI DE LA SOLIDARITE

Un large public a pris la parole le 9 mars à Espace Ouvèze

La soirée conférence débat, avec le concours d’Anne-Laure Sablé, juriste au CCFD-Terre solidaire, a rassemblé près de 100 personnes à Espace Ouvèze. Venus des régions de Privas, Chomérac, Le Pouzin, La Voulte, Aubenas, Bourg St Andéol, Le Cheylard, Les Ollières, Alba, les participants ont trouvé ce qu’ils recherchaient « un espace de parole citoyenne pour relever les défis de notre temps, en prenant le parti de la solidarité. »

Anne-Laure Sablé a souligné le désir profond « des gens qui veulent parler des questions au cœur de l’espace public, cette dynamique des bénévoles actifs dans la société civile qui veulent donner du corps à la mobilisation citoyenne ». Son intervention a ciblé les enjeux des 15 propositions de quatre organisations nationales, le CCFD-Terre solidaire, le Secours Catholique Caritas, Oxfam France et Peuples solidaires. Devant la montée des inégalités, la sous-estimation des chiffres de la faim, l’inégale répartition des richesses, la montée des conflits, la fraude et l’évasion fiscale, la domination des multinationales, le dérèglement climatique, l’urgence ciblée dans la proposition « souveraineté alimentaire et défis climatiques » choisie pour le débat du 9 mars, est « de changer nos modes de pensée et de soutenir l’agro-écologie paysanne ».

Voyons, dit Anne-Laure Sablé, ce qu’on met derrière les mots ! L’écologie est à la mode même dans les grandes enseignes commerciales qui ont senti le vent tourner. Il s’agit pour nous de soutenir les initiatives paysannes d’agro-écologie selon des critères environnementaux, sociaux, économiques, un véritable modèle agricole respectueux des hommes et de la nature. D’où l’importance pour les citoyens de participer à cette remise en cause des pratiques agricoles, en terme de qualité et non pas seulement de productivité, afin « d’assurer un revenu décent à ceux qui travaillent la terre, de retisser le lien social, de respecter l’environnement, de favoriser les productions locales, de soutenir les politiques publiques qui protègent les initiatives paysannes face à la concurrence des multinationales qui imposent un modèle basé sur la spéculation, l’accaparement des terres, la monétarisation des sols voués à séquestrer pour 80 ans le carbone, l’utilisation d’intrants et d’OGM, la défense des intérêts financiers de grands groupes industriels. » Faim et dérèglement climatique sont intimement liés. Et pourtant on l’oublie ! Les chiffres pourtant sont alarmants : 122 millions de personnes sont dans une plus grande pauvreté, 600 millions de personnes souffrent en raison des impacts climatiques, entraînant des rendements qui chuteront « de 5% d’ici 2030 et de 30% d’ici 2080. Il y a urgence « à mesurer l’impact des politiques publiques sur la souveraineté alimentaire, car les premières victimes du dérèglement climatiques sont les paysans, et le système agricole mondial est menacé par l’augmentation des gaz à effet de serre. »

Les ateliers ont été riches d’échanges, grâce aux témoignages de 8 porteurs d’initiatives, tels que Agribio, Terre de liens, Artisans du monde, Terre Adélice, l’échoppe paysanne, la confédération paysanne, Le Terreau jardins de Cocagne, la Frapna. Les participants ont échangé sur l’importance de prendre la parole et de transmettre aux candidats aux législatives la teneur de leurs attentes. « La question est de savoir concrètement préserver les terres agricoles, les réserver à ceux qui les travaillent, éviter que les terres arables deviennent des parkings » a-t-on souligné dans le groupe de Terre de liens dont la mission est un conservatoire de fermes louées à des paysans engagés dans les circuits courts et les pratiques écologiques. Avec la Frapna, l’échange a souligné « le constant déséquilibre de la nature, l’extension incontrôlée de l’urbanisme destructrice des milieux naturels. » Agribio dit un « oui mais », en expliquant qu’il est « primordial que les gens soient informés de la transition nécessaire, et de faire masse en développant des idées intelligentes face à la désinformation. »

L’assemblée plénière a permis de donner un aperçu des échanges en donnant une large part aux attentes des citoyens à l’égard des candidats aux législatives. Un document leur sera transmis en mains propres par les organisateurs de la soirée. Tous les participants en seront informés. « Si parfois on considère que l’action des citoyens est une goutte d’eau, il est important de valoriser la prise de parole citoyenne dans la société civile, face aux grandes questions qui secouent le monde, car il n’est pas tolérable qu’un enfant meurt de faim aujourd’hui parce que les terres de ses parents ont été achetées par une multinationale pour la culture extensive du soja ou d’huile de palme, ou parce que la guerre a tout détruit, ou parce que le dérèglement climatique engendré par les émissions de gaz à effet de serre des pays industrialisés ont noyé les terres que ses ancêtres ont patiemment travaillées… » a écrit une participante.

Le public a manifestement pris plaisir à échanger, même si la technicité du propos a parfois échappé à quelques-uns. Le « bon sens » dit un participant « nous dit d’agir ensemble pour une économie juste, pour le respect des droits humains, en soutenant ceux qui œuvrent au quotidien à contre-courant de la spéculation et du profit, au service du bien commun »

Prendre le parti de la solidarité mobilise largement en France et un grand rassemblement a lieu à Lyon le 18 mars, place Bellecour, pour rendre visible cette mobilisation pour un monde plus humain.